À l’attention du Directeur général de l’ASER…Mais de quelle victoire parlez-vous exactement ?
De celle obtenue par un détournement manifeste de procédure devant la Cour suprême ?
De celle arrachée en confiant un recours relevant exclusivement du contentieux administratif à un juge issu d’une chambre civile et commerciale, en violation flagrante de l’article 88 ?
Ou encore de cette victoire de façade qui tente de masquer l’essentiel :
37 milliards de FCFA déjà encaissés, pour zéro résultat tangible sur le terrain.
Rappelons les faits. Rien que les faits.
👉 2 octobre 2024 : l’ARCOP suspend le marché attribué à AEE Power EPC.
👉 21 novembre 2024 : la Chambre administrative de la Cour suprême confirme cette suspension par ordonnance.
👉 Incapable de prospérer juridiquement devant la juridiction compétente, l’ASER emprunte un autre canal pour solliciter une prétendue rétractation.
👉 Résultat : une décision rendue hors de la chambre compétente, visant à suspendre… la suspension.
Mais aucune acrobatie procédurale ne pourra altérer une réalité simple, implacable et vérifiable :
🔴 La Banque Santander n’a injecté aucun franc, nonobstant l’ordonnance de rétractation rendue par un juge étranger à la Chambre administrative.
🔴 Les 37 milliards de FCFA déjà décaissés demeurent sans justification claire, exhaustive et convaincante.
🔴 640 villages auraient dû être électrifiés à ce stade de l’exécution du marché.
Et pendant que vous vous félicitez à coups de communiqués,
— une plainte est en instruction au Pool judiciaire financier ;
— la Section de recherches de la Gendarmerie nationale est saisie ;
— les faits visés sont d’une extrême gravité : faux, usage de faux, détournement de deniers publics, infractions prévues et punies par le juge pénal.
Dès lors, Monsieur le Directeur général,
la question n’est pas de savoir quelle ordonnance vous arrange aujourd’hui.
👉 La seule question qui intéresse les Sénégalais est la suivante :
OÙ SONT PASSÉS LES 37 MILLIARDS DE FCFA ?
La vérité ne se suspend pas.
Elle finit toujours par rattraper ceux qui tentent de la fuir.
Enfin, j’interpelle solennellement :
— le Président de la République, en sa qualité de Président du Conseil supérieur de la magistrature et garant du bon fonctionnement des institutions ;
— le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats ;
— le Président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) ;
— le Premier Président de la Cour suprême ;
afin de leur faire part de nos plus vives inquiétudes face aux détournements de procédure flagrants constatés dans le traitement de cette affaire.
Ces pratiques sont en contradiction totale avec les exigences d’une bonne administration de la justice, avec l’idéal de rupture, et avec le « jub, jubal, jubbanti » auquel les Sénégalais ont massivement adhéré —
à 54 % lors de la présidentielle et avec 130 députés à l’Assemblée nationale.
Abdourahmane Maiga, juriste, membre du Cercle des cadres à République des valeurs


