Le Sénégal accélère le traitement de sa dette extérieure. Dakar ambitionne de parvenir, d’ici décembre 2026, à un accord de principe avec ses créanciers officiels et les détenteurs de ses obligations, selon des informations rapportées par Reuters et recoupées par la presse sénégalaise.
Cette nouvelle étape intervient après la décision du Sénégal de solliciter un traitement de sa dette dans le cadre commun du G20. Une première réunion d’information avec les créanciers extérieurs s’est tenue mardi 6 octobre, avec l’appui du Fonds monétaire international.
Selon Reuters, le gouvernement a présenté aux investisseurs sa stratégie, son calendrier ainsi que les prochaines étapes des négociations. L’objectif affiché est d’éviter les longues procédures observées notamment en Zambie et au Ghana.
Le dossier sensible des « total return swaps »
Une partie particulièrement complexe des discussions concerne environ 1 000 milliards de FCFA, soit 1,72 milliard de dollars, de “total return swaps” (TRS).
Ces instruments financiers sont des produits dérivés adossés à des titres publics sénégalais. Leur traitement constitue un enjeu inédit, ce type d’instrument ayant été très peu confronté jusqu’ici à des restructurations souveraines.
Selon Reuters, une présentation du gouvernement mentionne notamment First Abu Dhabi Bank, Africa Finance Corporation et Société Générale parmi les contreparties concernées.
Dakar souhaite obtenir une « contribution constructive » des détenteurs de ces instruments.
La dette en FCFA exclue
Un point important a également été précisé : la dette classique libellée en francs CFA n’entre pas dans le périmètre annoncé du traitement.
La situation des TRS est toutefois particulière. Bien qu’ils soient adossés à des titres en francs CFA, le FMI les considère comme une dette extérieure lorsque leurs créanciers sont non-résidents.
Les discussions portent également sur les obligations internationales du Sénégal. Selon Reuters, les membres du comité représentant certains détenteurs d’obligations possèdent environ 2,2 milliards de dollars sur un encours obligataire total estimé à 5,2 milliards de dollars.
Une échéance décisive
Le gouvernement cherche désormais à conduire parallèlement les négociations avec les créanciers publics, les banques et les investisseurs privés.
La réussite de cette stratégie sera déterminante pour restaurer la soutenabilité de la dette et normaliser durablement les relations financières du Sénégal avec ses partenaires.
Les prochaines semaines seront donc cruciales : Dakar s’est fixé décembre comme horizon pour parvenir à un accord de principe avec ses principaux créanciers.




























