LFR 2026 : Pastef contre-attaque après la conférence d’Al Aminou Lô et maintient ses exigences budgétaires

Xalima
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Au lendemain d’une nouvelle confrontation politique autour du projet de loi de finances rectificative 2026, les divergences entre le gouvernement et sa majorité parlementaire restent profondes. Lors d’un point de presse organisé dimanche 25 octobre à Dakar, les responsables de Pastef ont répondu au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, contestant plusieurs de ses arguments et réaffirmant leur volonté de préserver les investissements publics et les dépenses sociales.

Le bras de fer autour de la loi de finances rectificative 2026 se poursuit. Quelques heures après la conférence de presse du Premier ministre, Pastef-Les Patriotes a organisé sa propre rencontre avec les médias pour exposer les raisons de son opposition au texte dans sa version actuelle.

Initialement prévu au siège du parti, le point de presse s’est finalement tenu à la Résidence Serigne Abass Sall.

Au centre des interventions : les arbitrages budgétaires du gouvernement, la transparence des finances publiques et les conséquences possibles des réductions de crédits sur les populations.

Amadou Ba conteste les choix du gouvernement

Le député Amadou Ba a particulièrement insisté sur les investissements publics qui seraient affectés par le projet de loi de finances rectificative.

Selon lui, quinze projets importants seraient privés de crédits, notamment dans les secteurs de l’eau, de la santé, de l’éducation et du logement.

Parmi les programmes évoqués figurent le transfert d’eau vers Touba, la construction de centres de santé, les logements sociaux et la résorption des abris provisoires dans les établissements scolaires.

Ces affirmations sont toutefois contestées par le gouvernement, qui soutient que plusieurs ajustements correspondent à des reports de décaissements plutôt qu’à des abandons définitifs.

La distinction est essentielle : une réduction de crédits de paiement pour un exercice budgétaire ne signifie pas nécessairement la suppression d’un projet.

Fonds spéciaux : Pastef réclame davantage de transparence

La question des fonds spéciaux demeure également au cœur du désaccord.

Pastef défend un encadrement juridique renforcé de leur utilisation et réclame des garanties de transparence dans la gestion des ressources publiques.

Le parti considère que ces exigences correspondent aux engagements de bonne gouvernance défendus depuis plusieurs années.

Cette position s’inscrit dans le prolongement des déclarations d’Ousmane Sonko, qui avait annoncé que les députés de Pastef ne soutiendraient pas les textes budgétaires sans garanties suffisantes sur certains mécanismes financiers.

Une réponse directe au Premier ministre

Amadou Ba a également réagi aux propos d’Ahmadou Al Aminou Lô, qui avait invité Pastef à ouvrir sa rencontre aux questions des journalistes.

Le parlementaire a estimé que le chef du gouvernement devait plutôt se concentrer sur les questions budgétaires.

Il a par ailleurs demandé que soient rendus publics les documents susceptibles d’étayer les allusions du Premier ministre à la gestion passée d’Ousmane Sonko à la Primature.

À ce stade, ces échanges relèvent de la confrontation politique. Ils ne permettent pas d’établir l’existence d’irrégularités dans la gestion évoquée.

El Malick Ndiaye insiste sur le respect des députés

De son côté, El Malick Ndiaye a réaffirmé la nécessité de respecter les prérogatives du Parlement.

Le responsable de Pastef considère que le dialogue institutionnel ne peut se limiter à une invitation formelle : il doit également permettre aux députés d’obtenir des réponses précises à leurs interrogations.

Cette position intervient alors que le Premier ministre a proposé de rencontrer les parlementaires, accompagné des ministres concernés, pour examiner leurs observations.

Une majorité face à ses propres contradictions ?

Cette succession de conférences de presse révèle une situation politique singulière.

Le gouvernement défend un projet budgétaire que les députés de sa propre majorité refusent d’adopter en l’état.

Pour l’exécutif, les ajustements proposés répondent à la baisse des recettes et à l’augmentation des charges de l’État.

Pour Pastef, les impératifs de redressement ne doivent pas compromettre les investissements structurants et les engagements sociaux.

À la veille de la séance plénière prévue mardi 27 octobre, les deux camps disposent encore d’une possibilité de rapprochement.

Mais au-delà des échanges parfois vifs, une question demeure : le gouvernement et sa majorité parlementaire parviendront-ils à transformer leurs divergences en compromis budgétaire, ou cette confrontation marquera-t-elle une nouvelle étape dans leurs relations politiques ?

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