RÉPUBLIQUE ET SILENCES COMPLICES : IL EST TEMPS DE DIRE LA VÉRITÉ AUX SÉNÉGALAIS

Xalima
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La chronique de Monsieur Mary Teuw Niane, directeur de cabinet du Président de la République, intitulée « L’arroseur arrosé », appelle une question essentielle : où était cette voix lorsque la République était, à nos yeux, malmenée par ceux-là mêmes qui prétendaient l’incarner ?
Je pose cette question sans animosité personnelle, mais avec la fermeté de celui qui a toujours refusé que les principes républicains soient sacrifiés sur l’autel des ambitions politiques.
Où étiez-vous lorsque l’ancien Premier ministre contestait des décisions relevant des prérogatives constitutionnelles du Président ? Lorsque des directeurs généraux nommés par décret remettaient en cause son autorité ? Lorsque le Président Diomaye était attaqué jusque dans son propre camp, que son rôle dans la conduite des politiques publiques semblait effacé et que se développait une logique de parti-État, divisant le Sénégal entre vainqueurs et vaincus ?
Où étiez-vous lorsque l’absence d’autorité au sommet de l’État était publiquement évoquée, lorsque les frontières entre responsabilités institutionnelles et intérêts partisans semblaient s’estomper ?
Pendant ces deux années, nous avons dénoncé les actes qui, selon nous, fragilisaient la République, sans attendre une rupture politique pour prendre la parole.
On ne peut pas se taire hier devant les dérives de son propre camp et se proclamer aujourd’hui gardien de la République sans devoir expliquer ses silences.
Monsieur le Directeur de cabinet, je reconnais vos compétences, votre intelligence et votre maîtrise de la plume. Mais la finesse intellectuelle ne saurait tenir lieu de cohérence politique, encore moins devenir un instrument de manipulation de l’opinion.
Votre fonction exige davantage que des chroniques offensives. Auprès du chef de l’État, elle appelle de la hauteur, du discernement, de la loyauté institutionnelle et un engagement constant en faveur de l’apaisement et de la cohésion nationale.
Pendant que le Président Diomaye affrontait les tensions de son propre camp, il a souvent paru seul dans la défense de son autorité institutionnelle. Nous avons pu discuter sa stratégie, regretter certaines lenteurs, mais nous avons reconnu la difficulté de son choix : préserver la République, refuser la justice de revanche et maintenir le cap institutionnel malgré les pressions.
C’est pourquoi votre prise de parole actuelle interroge. Pourquoi cette plume, aujourd’hui si prompte à dénoncer les manœuvres politiques, ne s’est-elle pas exprimée avec la même vigueur lorsque nous estimions que les principes républicains étaient mis à l’épreuve ?
Je ne prétends pas connaître vos intentions. Je demande simplement que les actes, les discours et les silences puissent être examinés à la lumière des mêmes exigences.
Car notre mal politique est profond : les intrigues prennent le pas sur le mérite, les positionnements sur les convictions et le vacarme médiatique sur le travail. Certains finissent par croire qu’une plume habile et une bonne maîtrise des rapports de force suffisent à justifier une ambition ou à mériter une responsabilité.
Le Sénégal mérite mieux. Il mérite des responsables qui défendent les institutions même lorsque leur propre camp est en cause, des collaborateurs présidentiels qui conseillent avec lucidité plutôt que de contribuer aux affrontements, et des acteurs politiques capables de privilégier l’intérêt national sur leurs calculs personnels.
La République n’est ni un slogan de circonstance ni une arme contre ses adversaires. Elle est une exigence permanente qui s’impose à tous, majorité comme opposition, alliés comme adversaires.
Monsieur Mary Teuw Niane, mon frère, je vous invite donc à répondre à cette question dans votre prochaine chronique : pourquoi avoir laissé le Président Diomaye si seul face aux tensions de son propre camp, et pourquoi avoir si peu défendu publiquement les principes républicains lorsque nous estimions qu’ils étaient menacés ?
Les Sénégalais ont droit à la vérité. Ils ont droit à la cohérence. Ils ont surtout droit à une vie politique débarrassée des manipulations, des intrigues et des postures opportunistes.
Je ne combats pas les personnes. Je combats les actes qui fragilisent la République, d’où qu’ils viennent. Ma fidélité n’est pas à un homme, mais à des principes qui doivent survivre aux hommes.
Débattre sans nous battre, oui. Mais sans manipulation, sans mémoire sélective et sans double discours.
Nous avons toujours été républicains. Nous le sommes aujourd’hui. Nous le resterons demain.

Thierno Lo Le Républicain Libre

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