Les difficultés budgétaires font planer le risque de délestages électriques

Xalima
By
Xalima
2 Min Read

Le bras de fer autour de la loi de finances rectificative 2026 pourrait avoir des conséquences bien au-delà de l’Assemblée nationale. Dans des réponses adressées aux députés, le gouvernement sénégalais met en garde contre les risques que font peser les difficultés de financement du secteur énergétique sur l’approvisionnement en hydrocarbures et la fourniture d’électricité.

Les chiffres avancés par l’exécutif illustrent l’ampleur des tensions. Le Fonds spécial de soutien au secteur de l’énergie, doté initialement de 250 milliards de francs CFA pour 2026, aurait déjà épuisé ses crédits. Parallèlement, les engagements liés aux pertes commerciales et aux achats de combustibles de la Senelec avoisineraient 320 milliards de francs CFA, sans compter certains dossiers encore en instruction.

Pour le gouvernement, le maintien de ces engagements sans financement supplémentaire pourrait fragiliser l’approvisionnement en combustibles nécessaires à la production électrique.

C’est dans ce contexte que l’exécutif défend l’ouverture de crédits additionnels dans le cadre de la LFR 2026. Le soutien global au secteur énergétique atteindrait 790,3 milliards de francs CFA, en tenant compte des dotations initiales et des financements complémentaires annoncés.

Cette alerte intervient alors que le projet de budget rectificatif se heurte à une forte résistance parlementaire. Les députés contestataires réclament notamment davantage de transparence sur les finances publiques et une meilleure protection des investissements et des dépenses sociales.

Il convient toutefois de distinguer le risque évoqué par le gouvernement d’une décision effective de procéder à des coupures d’électricité. Aucun calendrier de délestages n’est établi par les informations disponibles.

Pour les ménages comme pour les entreprises, l’enjeu est considérable. L’électricité conditionne le fonctionnement des commerces, des ateliers, des industries et de nombreux services essentiels.

Le débat budgétaire pose ainsi une question concrète : comment assurer la continuité du service public de l’énergie tout en garantissant la transparence des dépenses et la soutenabilité des finances de l’État ?

C’est sur ce terrain que les arguments du gouvernement et les exigences des parlementaires devront désormais être confrontés.

Share This Article
Leave a Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *