PANIQUE ET SORTIE DE ROUTE : ABDOULAYE NIANE, UN UNIVERSITAIRE, NE SERT PAS UN PRINCE, IL L’ÉCLAIRE ET AU BESOIN, LE CONTREDIT

Xalima
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Cher collègue,dans une émission dominicale du dimanche “Le Grand Jury” tu t’es mis à la place du Procureur de la République au lieu de rester à la place du Délégué Général de la DER/FJ. Tu aurais dû te taire. Abdoulaye, comment oses-tu brandir a menace de poursuites judiciaires contre un ancien Président de la République, au cas où celui-ci solliciterait à nouveau les suffrages des Sénégalais. On ne peut pas appeler cela une opinion. C’est une intimidation politique, tenue par un homme qui n’a ni le rôle ni la qualité pour la proférer. Sachez bien qu’elle ne passera pas.

Cher collègue, on ne crache pas sur la main qui nous a nourrie. Je rappelle que tu as dirigé la BNDE, banque née sous le Président Macky Sall. Tu diriges aujourd’hui la DER/FJ, autre création du même Président. Ton parcours, tu le dois à une œuvre et à une confiance. Que tu te poses aujourd’hui en procureur de l’homme dont les institutions t’ont porté est une faute morale. Il y a des silences qui honorent et des paroles qui déshonorent : le tien n’en était pas un.

Cher collègue, aucune candidature n’est annoncée et aucune juridiction n’a prononcé une inéligibilité contre l’homme sur lequel tu t’acharnes ce matin. Pourquoi tu agites et tu menaces trois ans avant un scrutin. Si tu redoutes à ce point le retour du Président Macky Sall, alors, retrousses tes manches et travailles au lieu de bavarder. Un pouvoir sûr de ses résultats n’a pas besoin de sous-fifres comme toi pour effrayer l’adversaire.

Cher collègue, un haut fonctionnaire ne confond pas les pouvoirs. Annoncer des poursuites, c’est s’arroger le rôle d’un procureur. Un responsable d’un établissement public est tenu par la réserve s’il n’est pas une porte-voix d’un règlement de comptes. En s’exprimant ainsi, il déroge au devoir de réserve, bafoue la séparation des pouvoirs.

Cher collègue, l’emploi des jeunes et des femmes est ton vrai chantier. Pendant que tu menaces, des milliers de jeunes, de femmes et d’entrepreneurs attendent un financement que la DER/FJ a été créée pour leur donner. Abdoulaye, peux-tu nous dire combien d’emplois tu as créés et/ou maintenus, combien de dossiers dorment dans tes tiroirs. Voilà le défi pour lequel tu es payé. As-tu besoin d’un débat sur la candidature présidentielle pour y répondre au moment où les agences de notation dégradent notre pays.

Cher collègue, est-ce un calcul personnel ? Un ballon d’essai lancé par un subordonné ? Une consigne ? Je n’accuse pas : je m’interroge comme tout universitaire libre. Ta réponse est attendue et un silence au sommet de l’État vaudrait approbation. Qu’il désavoue ces propos, ou qu’il assume devant les Sénégalais d’avoir un Délégué qui menace un Ancien Chef d’État.

Cher collègue, un savant ne sert pas le prince : il l’éclaire, et au besoin le contredit. L’universitaire orienté dans les sciences juridiques que tu es, a appris et enseigne que le droit se dit par le juge. Et que nul ne se peut se faire justice soi-même ni ne l’annonce à l’avance. Comment peux-tu oublier ces principes de base en si peu de temps ?

Cher collègue, es-tu en service commandé, si oui, comment un homme formé à l’esprit critique accepte-t-il d’en être l’instrument ? La toge du chercheur n’a pas à servir de caution à une menace politique. Elle s’use vite quand on s’en sert pour cela.

Cher collègue, ressaisis-toi et retires tes propos indignes d’un haut cadre, d’un universitaire de surcroît formateur en sciences juridiques.

Aboubacry Sokomo, Enseignant Chercheur
Coordonnateur Adjoint du Réseau des Universitaires Républicains de l’APR

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