« À jamais, le meilleur des papas » : l’émouvant hommage de Dr Alima Niang à son père Mody Niang

Xalima
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Quelques jours après la disparition de Mody Niang, sa fille, Dr Alima Niang, lui rend un hommage bouleversant. Dans un témoignage profondément intime, elle raconte le père attentionné, l’éducateur exigeant et l’homme de principes qui se cachait derrière cette figure connue pour son engagement en faveur de la bonne gouvernance et de la dignité.

Il y a des hommes dont l’héritage dépasse les écrits, les prises de position et les combats publics. Mody Niang était de ceux-là. Mais derrière l’homme de convictions que connaissait l’opinion sénégalaise, il y avait aussi un père profondément aimant, attentif et entièrement dévoué à sa famille.

Désormais inhumé dans son Koki natal, Mody Niang laisse derrière lui des souvenirs que sa fille, Dr Alima Niang, a choisi de partager dans un texte chargé d’émotion, de tendresse et de reconnaissance.

« Cet homme nous a tout donnés sans jamais rien nous demander, sinon de rester dignes », écrit-elle.

Une phrase qui résume à elle seule la philosophie éducative de son père. Pour lui, la dignité n’était pas un simple principe à proclamer, mais une exigence quotidienne à laquelle chacun devait conformer sa conduite.

Un père exigeant, mais débordant d’affection

Dans son témoignage, Dr Alima Niang décrit un homme dont la rigueur éducative allait de pair avec une affection exceptionnelle.

Elle évoque notamment cette attention permanente que son père lui portait, cette capacité presque instinctive à percevoir ses inquiétudes, même lorsqu’elle tentait de les dissimuler derrière un sourire.

« Il savait déceler une tristesse cachée derrière un sourire. Il savait quand je n’étais pas en forme », confie-t-elle.

Benjamine de la famille, affectueusement appelée « sa thiaat », elle occupait une place particulière dans le cœur de son père. Celui-ci demandait régulièrement à ses autres filles de veiller sur elle.

Leurs échanges, parfois teintés d’humour et de taquineries en wolof, témoignent d’une complicité qui donne à cet hommage une dimension profondément humaine.

La dignité comme héritage

Au-delà de l’affection paternelle, c’est surtout l’héritage moral de Mody Niang que sa fille entend préserver.

« Nitt dey xam boppam », répétait-il à ses enfants, rappelant l’importance de connaître sa propre valeur et de rester fidèle à ses principes.

Cette exigence de dignité, d’honneur et de respect de soi constituait le socle de son éducation familiale.

Sa fille raconte ainsi combien le souci de ne jamais déshonorer son père continue de guider sa propre conduite.

Un témoignage qui éclaire autrement la personnalité de Mody Niang, dont les engagements publics en faveur de l’éthique et de la gestion vertueuse des affaires publiques trouvaient également leur prolongement dans la sphère familiale.

« Je ne lui dois pas de larmes, je lui dois beaucoup de prières »

L’un des passages les plus poignants du texte concerne la manière dont Dr Alima Niang envisage désormais l’absence de son père.

Elle explique ressentir encore sur elle ce regard discret, protecteur et rempli d’affection qu’il lui adressait si souvent.

Un souvenir si vivant qu’il semble aujourd’hui lui donner la force de surmonter sa peine.

« Je ne cherche pas à me retenir, mais je ne lui dois pas de larmes. Je lui dois beaucoup de prières. Je lui dois un sourire à chaque fois que je pense à lui. »

Quelques jours avant ce témoignage, elle relisait sa thèse de doctorat et les dédicaces dans lesquelles elle remerciait son père. Avec le recul, elle mesure davantage encore la profondeur de ce qu’il lui a transmis.

Car, souligne-t-elle, tout ce qu’il a accompli pour ses enfants ne représente finalement qu’une partie de son héritage. Le plus précieux réside dans l’homme qu’il était.

Son hommage s’achève sur une promesse bouleversante :

« Père, je parlerai de toi, je parlerai avec toi. Même si tu ne réponds pas, je continuerai. »

À travers ces mots, c’est une autre facette de Mody Niang qui se révèle : celle d’un père aimant, d’un éducateur exemplaire et d’un homme dont les valeurs continueront de vivre à travers ses enfants.

Pour Xalima, dont Mody Niang fut l’un des premiers contributeurs, ce témoignage rappelle que derrière la plume exigeante et l’intellectuel engagé se trouvait aussi un homme profondément attaché aux siens.

Qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, lui pardonne ses manquements, illumine sa tombe et lui accorde une place parmi les bienheureux du Paradis. Amine.

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