Le Parti socialiste sénégalais traverse une nouvelle période de turbulences. Contestée par plusieurs responsables et militants, sa secrétaire générale par intérim, Aminata Mbengue Ndiaye, fait face à une procédure judiciaire visant le renouvellement des instances dirigeantes. L’affaire, renvoyée au 23 novembre, révèle les profondes divisions d’une formation historique en quête de reconstruction.
La crise interne au Parti socialiste s’installe désormais sur le terrain judiciaire. Sept responsables et militants ont engagé une procédure contre la direction conduite par Aminata Mbengue Ndiaye, dont ils contestent la légitimité statutaire.
Au cœur du différend figure la durée de l’intérim assuré par l’ancienne ministre depuis la disparition d’Ousmane Tanor Dieng, en juillet 2019.
Les contestataires invoquent notamment les articles 30 et 33 des statuts du parti. Selon leur interprétation, l’intérim devait prendre fin à l’expiration du mandat en cours, tandis qu’un congrès ordinaire aurait dû permettre le renouvellement des instances dirigeantes.
Lors de l’audience du 2 novembre devant le tribunal de grande instance de Dakar, l’examen de l’affaire a été renvoyé au 23 novembre, à la demande de la défense du Parti socialiste.
Parallèlement à cette procédure, les initiateurs du manifeste « Dundal PS » réclament une refondation profonde de la formation politique. Bien que distinctes, ces deux démarches traduisent une même inquiétude sur l’avenir du parti.
Daour Sagna, l’un des responsables engagés dans la procédure judiciaire, affirme que l’objectif n’est pas d’obtenir l’emprisonnement d’Aminata Mbengue Ndiaye, mais de faire respecter les textes et de permettre l’organisation d’un nouveau congrès.
Les contestataires annoncent également un plan d’action comprenant 93 points, avec notamment des initiatives de mobilisation pacifique.
Du côté de la direction actuelle, les critiques sont rejetées. Ses défenseurs mettent en avant la continuité institutionnelle du parti et contestent la légitimité de certaines structures se réclamant de la rénovation socialiste.
Au-delà de la querelle juridique, cette confrontation illustre les difficultés d’une formation qui a longtemps occupé une place centrale dans la vie politique sénégalaise, avant de perdre progressivement son influence électorale.
La prochaine audience pourrait constituer une étape importante dans la résolution du conflit. Mais quelle que soit l’issue judiciaire, le Parti socialiste devra répondre à une interrogation plus profonde : comment retrouver une place dans le paysage politique sénégalais sans renouveler ses structures, ses méthodes et son projet ?



























