Le ton est donné. Lors de la cérémonie d’ouverture du Forum Invest in Sénégal (Fii Sénégal), le président Bassirou Diomaye Faye a placé les réformes structurelles au centre de son discours, réaffirmant son ambition de transformer l’administration sénégalaise et de restaurer la confiance des investisseurs dans un climat d’affaires repensé.
« Nous avons entamé de grandes réformes au niveau du cadre légal et réglementaire », a déclaré le chef de l’État, évoquant « un chantier colossal » visant à bâtir un État efficace, digitalisé et orienté vers la performance. Cette transformation repose sur une refonte profonde des principaux outils de régulation économique : le Code des investissements, le Code général des impôts, le Code du travail, les règles de passation des marchés publics et la réglementation douanière.
Le gouvernement affirme avoir déjà finalisé les nouvelles versions du Code des investissements, du Code des impôts et du Code des douanes. Les autres textes, dont ceux relatifs au travail, à la sécurité sociale et aux marchés publics, devraient suivre d’ici la fin de l’année.
Parallèlement, un Plan national de redressement économique et social a été adopté, articulé autour de la digitalisation intégrale des services de l’administration. L’objectif affiché est de rendre les démarches administratives plus fluides, plus transparentes, et donc plus attractives pour les opérateurs économiques.
L’APIX (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux) est appelée à jouer un rôle central dans cette dynamique de modernisation, notamment via son guichet unique numérique destiné à simplifier les formalités de création d’entreprise et d’accès aux opportunités d’investissement.
« Nous ne recherchons pas de simples investisseurs, mais de véritables partenaires stratégiques », a insisté le président Diomaye Faye, affirmant que les nouvelles orientations économiques du Sénégal s’inscrivent dans une logique de souveraineté et de développement endogène.
Le Forum Invest in Sénégal, qui rassemble des acteurs publics, des investisseurs privés, des institutions financières internationales et des représentants de la diaspora, se veut une vitrine de la nouvelle politique économique du pays. Plusieurs panels sont consacrés aux secteurs prioritaires comme les énergies renouvelables, l’agro-industrie, le numérique, les infrastructures et la transformation locale.
Dans un contexte sous-régional instable, marqué par des incertitudes économiques et sécuritaires, le gouvernement sénégalais entend se positionner comme un pôle de stabilité et d’innovation. Reste à convaincre les partenaires étrangers que les réformes annoncées seront suivies d’effets tangibles.


