Fonds spéciaux : Aminata Touré change de position après l’annonce de Sonko et défend les prérogatives de la Cour des comptes et de l’IGE

Xalima
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La question du contrôle des fonds spéciaux de l’État suscite un nouveau débat politique au Sénégal. En l’espace de quatre jours, les prises de position attribuées à l’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite Mimi Touré, semblent avoir évolué, notamment après l’annonce par Ousmane Sonko d’une enquête portant sur la période 2012-2026. Au cœur de cette controverse, une interrogation : à qui revient la responsabilité de contrôler l’utilisation de ces ressources publiques ?

Selon la chronologie des publications relayées sur les réseaux sociaux, Aminata Touré aurait réclamé, le samedi 10 octobre, l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les fonds spéciaux. Ce mardi 13 octobre, à 11 heures, le Premier ministre Ousmane Sonko aurait annoncé une enquête couvrant la période allant de 2012 à 2026. Quelques heures plus tard, une nouvelle déclaration de Mimi Touré mettait plutôt l’accent sur la compétence des institutions spécialisées dans le contrôle des finances publiques.

Dans ce texte signé de son nom, Aminata Touré réaffirme son attachement aux principes de transparence et de bonne gouvernance, qu’elle présente comme des convictions partagées par le mouvement Kiiraay et le président Bassirou Diomaye Faye. Elle met cependant en garde contre ce qu’elle considère comme une instrumentalisation politique des mécanismes de contrôle de l’État.

« La Cour des Comptes et l’Inspection Générale d’Etat sont les organes juridiquement habilités à contrôler la bonne utilisation de l’argent public », écrit-elle, avant de contester la capacité des députés à se substituer à ces structures dans les opérations de vérification financière.

L’ancienne Première ministre insiste particulièrement sur la technicité des audits financiers, estimant que ces exercices exigent des compétences spécifiques et ne doivent pas être réduits à des confrontations politiques. Elle demande ainsi que les dossiers concernés soient transmis aux organes de contrôle compétents, en citant expressément le fonds Jaam de la Casamance.

Cette succession de prises de position soulève néanmoins une question de cohérence politique. Si la première intervention du 10 octobre appelait effectivement à une enquête parlementaire, la déclaration du 13 octobre traduit au minimum une réorientation de la méthode préconisée. Ce changement intervient précisément après l’annonce attribuée à Ousmane Sonko, ce qui ne suffit toutefois pas, à lui seul, à établir un lien de causalité.

Sur le plan institutionnel, le débat mérite également d’être nuancé. Le contrôle technique des comptes publics et le contrôle parlementaire de l’action gouvernementale répondent à des missions distinctes. L’Assemblée nationale dispose de prérogatives de contrôle, même si celles-ci ne lui permettent pas de se substituer aux magistrats financiers ou aux inspecteurs de l’État dans leurs attributions propres.

Au-delà des divergences entre responsables politiques, la controverse pose donc une question de fond : comment garantir un examen rigoureux et indépendant de l’utilisation des fonds spéciaux, sans transformer la recherche de transparence en instrument de règlement de comptes politiques ?

Pour Aminata Touré, la réponse passe désormais par la saisine des institutions spécialisées. Reste à savoir si cette position permettra de clarifier le débat ou si elle alimentera davantage les interrogations sur l’évolution de son discours.

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