L’Assemblée nationale a ratifié, jeudi 20 août, six propositions de résolution portant création de commissions d’enquête parlementaire sur plusieurs dossiers majeurs liés à la gestion des affaires publiques.
Ces commissions devront notamment se pencher sur les irrégularités présumées dans la passation des marchés du programme « Un étudiant, un ordinateur », relevant du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). Depuis 2017, les engagements cumulés dans le cadre de ce programme sont estimés à près de 48 milliards de francs CFA.
Le patrimoine immobilier de l’État figure également au cœur des investigations. Une commission sera chargée d’examiner les opérations de cession d’immeubles relevant du patrimoine bâti de l’État à des particuliers, dans des conditions présumées irrégulières.
Les députés enquêteront par ailleurs sur les abandons de recettes et la gestion des exonérations fiscales, ainsi que sur le recours par le gouvernement du Sénégal à des mécanismes financiers de type TRS.
Le foncier constitue un autre volet important de ce dispositif de contrôle. Une commission devra examiner les manquements sévères présumés dans la gestion foncière de différents lotissements ainsi que dans l’exploitation et la gestion du domaine public maritime.
Enfin, une sixième commission se penchera sur les conditions de délivrance et de renouvellement des licences de pêche, un secteur stratégique régulièrement au centre des débats sur la gestion des ressources halieutiques.
Une session extraordinaire consacrée au contrôle de l’action publique
Avec l’adoption de ces six résolutions, l’Assemblée nationale achève les travaux de sa session extraordinaire, ouverte le 10 août dernier. Cette session aura été marquée à la fois par l’examen et l’adoption de plusieurs textes législatifs et par le lancement de nouvelles procédures de contrôle parlementaire.
À travers la création de ces commissions d’enquête, la représentation nationale entend renforcer l’exercice de ses prérogatives constitutionnelles en matière de contrôle de l’action gouvernementale.
Les travaux de ces commissions devraient permettre d’établir les faits, d’identifier d’éventuelles responsabilités et de formuler, le cas échéant, des recommandations. Ils s’inscrivent dans une démarche présentée par l’Assemblée nationale comme relevant de la rigueur, de la transparence et du respect des principes de l’État de droit.
La suite des travaux sera donc particulièrement scrutée, alors que plusieurs des dossiers concernés touchent directement à la gestion des ressources publiques et du patrimoine national.























