Accusateurs, lavez-vous ! par Souleymane Jules Diop

Xalima
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J’ai lu avec intérêt, les réactions qui ont suivi mes propos sur la laïcité et le financement du culte au Sénégal. Depuis mes 20 ans, je participe au débat de mon pays à travers mes écrits. J’ai appris de ceux qui mon enseigné la philosophie le courage de mes idées jusqu’au sacrifice suprême, symbolisé par Socrate dans les trois textes qui ont consacré sa condamnation à mort par empoisonnement : L’apologie, le Criton et le Phedon, textes que j’ai lus à mon bas âge.

J’ai aussi précocement lu et assimilé Nietzsche dans ce que la quête de la vérité peut avoir de tragique. Je n’entends donc me prosterner ni devant ceux qui me traitent d’imposteur, ni devant ceux qui, quand l’argument leur fait défaut, me traitent d’insulteur. Qu’ils se regardent et ils verront en eux les veritables imposteurs, qui ont privatisé la religion à leur seul profit et pour des interets ici-bas. Qu’ils regardent autour d’eux et ils trouveront les veritables insulteurs drapés et enturbanes qui s’attaquent à leurs aînés et parfois jusqu’à leur khalife.

J’ai eu le propos parfois dur, je l’admets, mais à la mesure du fait que je dénonce, du contexte et des enjeux. Je n’ai jamais insulté personne, contraire à mon éducation. J’ai dénoncé des échanges d’insultes entre un guide religieux ( les sénégalais qui ne votent pas Diouf) et un homme politique (qui l’a rendu violemment).

Mon but était plutôt de dire que ce n’était pas souhaitable. Et voilà que par magie, l’accusation se retourne contre moi qui appelais à éviter de telles situations. Je n’ai pour l’islam que respect et pour tous nos guides religieux, les véritables, que déférence.

Je suis par moi-même allé à l’école coranique à mes 5 ans. Je mes suis engagé sur la voie de Serigne Touba à mes 15 ans en lisant d’abord ses ecrits. Le Coran que je lis a été rédigé en 1200 en Andalousie, existe en 10 exemplaires dans le monde. Il m’a été offert par le vénéré Serigne Cheikh Maty Leye. Depuis mon jeune âge, je me suis confié à Baye Chekh Khady Mbacke, tout en faisant de Cheikh Ahmad Tijani Al Makhtoum, qui m’aimait comme un fils, mon père spirituel. Dois-je même me justifier de ma foi ? Les seuls avec qui je me suis retrouvé en conflit m’ont trouvé sur le terrain politique en mettant leurs interets avant ceux du peuple sénégalais. Je me suis montré radical et intransigeant, dans un contexte de combat.

Parmi ceux qui m’accusent aujourd’hui, il y en a un qui ne mérite pas mon attention parce qu’il est connu pour ses valses mouvements entre partis politiques et son incapacité coranique.

Le second, qui s’est montré le plus outré, m’a plusieurs fois saisi : une fois pour demander au ministre de l’Education de mettre son fils dans son quota pour l’école franco-senegalaise. Ce que j’ai fait, non sans lui demander pourquoi, si la France était si mauvaise. “Son grand frère y est déjà, mavait-il répondu, ajoutant à ma surprise.

La seconde fois, c’était pour une exonération douanière pour une importation de tomate en vrac qui allait mettre en difficulté les usines et mettre des familles au chômage. Et la troisième fois, c’était pour un développement immobilier et des difficultés à obtenir les autorisations. J’avais transmis à au ministre du Budget sans m’occuper de la suite donnée. S’il m’attaque de nouveau, je détaillerai son nom ainsi que toutes ses activités. Je me retiens par respect pour ceux qui, ayant vu les reactions choquantes alors qu’il était parti rendre visite à ma mère et n’avait pas tari d’éloges me concernant, m’ont supplié de ne pas reagir.

Le ridicule ne tue vraiment pas. Le “toog muy dox”, ce n’est quand même pas à moi qu’il faut l’opposer, moi qui ai donné mon premier salaire à ma mère à mes 17 ans. J’ai mon nom inscrit à jamais sur des plaques d’inauguration à travers le Sénégal. Jai été un des meilleurs ministres de ce pays, félicité maintes fois dans le communiqué du Conseil des ministre, un des meilleurs ambassadeurs, félicité par deux chefs de l’Etat. Et je me crois suffisamment instruit, compétant pour m’exprimer sur tous les sujets relatifs à la marche de l’Etat.

Quand il a fallu se battre pour libérer ce pays je l’ai fait en sacrifiant mes années de jeunesse. Et qand il a fallu travailler aussi. Je n’ai jamais vécu de rente, je n’ai voulu rien hériter, je n’ai volé la terre de personne.

Je sais ce qu’ils cherchent : me discréditer, me vilipender parce que je menace leurs intérêts. Ils ne pourront jamais me faire plier et leurs incantations ne serviront à rien, qu’ils s’y essaient de nouveau. Je n’ai au-dessus de moi que Dieu. Il m’est témoin et il me suffit. Voilà pourquoi je resterai fidèle à mon combat, à mes engagements de gauche alors que je n’avais que 20 ans auprès d’Amath Dansokho et resterai sourd à leurs insultes.

Je le répète, rien ne me détournera de mon combat contre les forces réactionnaires qui compromettent la liberation de ce pays.

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