MARY TEUW NIANE : QUAND L’IMPOSTURE CONSISTE À FAIRE LA MORALE À CEUX QUI ONT PAYÉ LE PRIX DE LA RUPTURE

Xalima
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Professeur Mary Teuw Niane, votre texte est élégant dans la forme, mais politiquement bien pauvre dans le fond.

Vous parlez d’« imposteur », de « disciples », de « messie », de « totalitarisme », de Mussolini, Hitler et Pol Pot… mais vous avez oublié l’essentiel : les faits.

Puisque vous invoquez les faits, ayez le courage de les nommer.

Vous accusez sans nommer, vous suggérez sans démontrer et vous condamnez sans produire une seule preuve. C’est moins une analyse politique qu’un réquisitoire à visage couvert.

Et surtout, ne réécrivez pas l’histoire.

PASTEF et Ousmane Sonko n’ont pas attendu d’être au pouvoir pour parler de rupture, de souveraineté, de reddition des comptes et de transformation du Sénégal.

Pendant que beaucoup observaient, commentaient ou négociaient leur place dans le système, des Patriotes étaient arrêtés, emprisonnés, traqués, gazés et parfois tués pour avoir porté cette rupture.

Le « messie » que vous semblez vouloir dénoncer n’est donc pas tombé du ciel.

Il est le produit d’un combat politique, d’une mobilisation populaire et d’un peuple qui, en mars 2024, a fait un choix souverain.

Vous parlez de culte de la personnalité ?

Très bien.

Mais expliquez-nous alors pourquoi, depuis des années, la popularité de Sonko résiste précisément aux campagnes de diabolisation, aux procès politiques, aux interdictions, aux emprisonnements et aux tentatives de liquidation politique.

Parce qu’un peuple qui soutient Sonko n’est pas nécessairement un peuple qui « vénère » un homme.

C’est peut-être simplement un peuple qui se souvient.

Il se souvient de qui était là quand il fallait résister.

Il se souvient de ceux qui ont assumé les risques.

Il se souvient de ceux qui ont changé de position lorsque le vent a tourné.

Et surtout, il sait faire la différence entre les combattants de la rupture et les commentateurs de la rupture.

Vous écrivez que « le temps est le plus implacable des juges ».

Nous sommes parfaitement d’accord.

Alors laissons le temps juger.

Il jugera Sonko.

Il jugera Diomaye.

Il jugera PASTEF.

Mais il jugera également tous ceux qui, hier, ont accompagné le système et qui découvrent aujourd’hui les vertus de la révolution morale depuis les tribunes.

Le Sénégal n’a pas besoin de grands sermons sur Hitler, Mussolini ou Pol Pot pour comprendre la démocratie.

Il a surtout besoin qu’on respecte son intelligence et sa mémoire.

Et puisque vous nous invitez à confronter les paroles aux actes, nous vous proposons simplement ceci :

Moins de littérature, plus de faits ; moins d’insinuations, plus de preuves ; moins de leçons de morale, plus d’autocritique.

Car le véritable danger pour la démocratie n’est pas seulement celui qui refuse la contradiction.

C’est aussi celui qui confond la contradiction avec la diffamation et l’esprit critique avec le droit de jeter des accusations anonymes sur un adversaire politique.

Professeur, le temps jugera tout le monde.

Et lorsqu’il ouvrira les archives, chacun devra répondre de ses paroles, de ses actes… mais aussi de ses silences.

Le peuple sénégalais, lui, a déjà commencé à faire le tri.

Seydina Alioune Kebe
Pastef

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