Patriote de Ousmane SONKO !
En politique, les symboles parlent souvent plus fort que les discours. Ils révèlent une vision, une identité et parfois une rupture avec les engagements d’hier.
Le choix du nom « KIIRAAY » et de son emblème comme nouvelle identité politique du président Bassirou Diomaye Faye mérite donc une réflexion dépassionnée.
Dans la tradition wolof, pour de nombreux Sénégalais, le mot Kiiraay renvoie à un univers spirituel associé à des forces obscures contre lesquelles l’être humain cherche protection afin de retrouver le droit chemin vers Dieu. Même si cette interprétation n’est pas universelle, elle est profondément ancrée dans l’imaginaire de nombreux citoyens. Dans ces conditions, choisir ce terme comme bannière politique interroge sur le plan symbolique.
Le logo lui-même renforce ce questionnement. Il représente une personne protégée par un parapluie entouré d’une couronne de lauriers. Or le parapluie protège un individu. Il n’évoque ni une communauté en marche, ni un peuple uni, ni un projet collectif. La symbolique paraît davantage centrée sur une protection individuelle que sur une dynamique nationale.
Mais au-delà du nom et du logo, c’est le message politique qui interpelle.
Lors de son accession à la magistrature suprême, Bassirou Diomaye Faye avait quitté ses fonctions partisanes afin d’incarner un président au-dessus des clivages politiques, garant de tous les Sénégalais. Cette posture répondait à l’esprit de la Constitution, qui confie au chef de l’État une mission d’arbitre et de rassembleur.
Aujourd’hui, en devenant chef d’un parti politique, le président change de posture. Il n’est plus seulement le président de tous ; il assume également la direction d’une formation politique appelée à défendre ses intérêts électoraux. Ce choix nourrit un débat légitime sur la frontière entre la fonction présidentielle et le leadership partisan.
Une démocratie n’interdit pas ce cumul lorsque le droit le permet. Mais elle autorise aussi les citoyens à s’interroger sur sa portée politique et institutionnelle.
L’histoire enseigne que les institutions se consolident lorsque ceux qui les incarnent acceptent de s’élever au-dessus des compétitions partisanes. À l’inverse, lorsque la fonction présidentielle se confond avec la direction d’un parti, le risque est que l’image du président rassembleur s’efface progressivement au profit de celle d’un acteur engagé dans la compétition politique.
Les symboles comptent. Les actes également.
Le Sénégal a besoin d’un président qui rassemble davantage qu’il ne divise, qui arbitre davantage qu’il ne combatte, et qui demeure le garant de l’unité nationale avant d’être le chef d’une famille politique





























