DPG du Premier ministre Al Amine Lô : Pape Makhtar Diallo dénonce un manque d’ambition et questionne le recours au FMI

Xalima
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La Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Al Amine Lô continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle de Pape Makhtar Diallo, qui porte un regard particulièrement critique sur les orientations annoncées par le chef du gouvernement, notamment concernant le recours au Fonds monétaire international (FMI), la vie chère, les subventions et la politique énergétique.

Dans une réaction publiée après la DPG, M. Diallo revient notamment sur les propos du Premier ministre concernant le programme du FMI. Selon lui, Al Amine Lô aurait expliqué avoir auparavant tenté de convaincre Ousmane Sonko d’adhérer au programme du Fonds, mais que ce dernier s’y était opposé.

Une situation qui interpelle fortement Pape Makhtar Diallo. « Alors pourquoi maintenant ? », s’interroge-t-il, estimant que l’absence de Sonko aux responsabilités gouvernementales ne devrait pas suffire à justifier un changement aussi important d’orientation. Il s’interroge ainsi sur les conditions dans lesquelles un tel accord est désormais présenté au Sénégal et regrette l’absence, selon lui, d’un véritable débat sur la question.

« Si c’était déjà prévu dans le programme de Diomaye, pourquoi avoir refusé ? »

Autre interrogation soulevée par Pape Makhtar Diallo : la cohérence entre les mesures annoncées et le programme porté par le président Bassirou Diomaye Faye.

Le Premier ministre ayant soutenu que plusieurs mesures contenues dans le programme du FMI figuraient déjà dans le programme de Diomaye Président, M. Diallo pose une question simple : si ces orientations étaient effectivement déjà prévues, pourquoi le président et son Premier ministre de l’époque ne les avaient-ils pas retenues ?

Pour l’auteur de la réaction, cette contradiction mérite des explications, particulièrement dans un contexte où les Sénégalais sont appelés à accepter des mesures difficiles.

« Les Sénégalais sont fatigués », une réalité déjà connue

Pape Makhtar Diallo critique également le discours du gouvernement sur la situation sociale. Il juge que rappeler que « les Sénégalais sont fatigués » ne constitue pas une réponse aux difficultés auxquelles les populations sont confrontées.

« Ça, nous le savons déjà ! », lance-t-il, estimant que le gouvernement doit désormais aller au-delà du constat et proposer des réponses concrètes aux problèmes économiques et sociaux.

Il pointe également, sur un ton ironique, le contraste entre les appels à la rigueur adressés aux populations et la situation financière de certaines structures proches du pouvoir.

Vie chère : l’hivernage ne saurait tout expliquer

Sur la question de la vie chère, Pape Makhtar Diallo s’en prend notamment à l’argument de l’hivernage avancé pour expliquer certaines difficultés d’approvisionnement ou la hausse des prix.

Pour lui, présenter l’hivernage comme une surprise ne permet pas de répondre efficacement aux préoccupations des ménages. Il estime que le gouvernement doit davantage anticiper les difficultés plutôt que de se contenter de les expliquer une fois qu’elles se manifestent.

Le dossier Petrotim est également évoqué par M. Diallo, qui déplore une nouvelle fois ce qu’il considère comme un manque d’ambition dans la conduite de certains dossiers stratégiques.

La suppression des subventions au cœur des inquiétudes

L’une des principales préoccupations exprimées concerne la suppression annoncée ou envisagée de certaines subventions, notamment celles destinées aux personnes considérées comme « nanties ».

Pape Makhtar Diallo s’interroge sur les critères qui permettraient de déterminer qui est réellement « nanti » et qui ne l’est pas.

Il s’inquiète surtout des conséquences économiques de la réduction des subventions énergétiques. Selon lui, une hausse des coûts de l’électricité pour les entreprises et les industries risque d’être répercutée sur les prix des produits ou sur l’emploi.

« Vous ne résolvez pas les problèmes, vous les déplacez », résume-t-il.

« Ce n’est pas aux Sénégalais qu’il faut tenir ce discours »

Enfin, Pape Makhtar Diallo rejette le discours gouvernemental appelant les Sénégalais à davantage de « conscience » et de sacrifices.

À ses yeux, les populations ont déjà consenti suffisamment d’efforts et ont largement exprimé leur confiance aux autorités actuelles. Elles attendent désormais des résultats concrets.

Dans cette logique, il estime difficile de demander aux citoyens de « se serrer la ceinture » au nom des difficultés financières de l’État alors que, selon lui, certains responsables continueraient de bénéficier d’un train de vie élevé.

À travers cette réaction, Pape Makhtar Diallo pose donc la question de la cohérence entre les promesses politiques, les choix économiques du gouvernement et les sacrifices désormais demandés aux Sénégalais. Une sortie qui relance, au-delà de la seule DPG, le débat sur les orientations économiques du pouvoir et sur la manière dont la crise financière doit être supportée par la population.

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