Le Sénégal n’est pas une succursale de la Confédération africaine de football. Ni un territoire d’ajustement. Ni un figurant dans vos arrangements.
Patrice Motsepe est attendu à Dakar ce 7 Avril.
Qu’il épargne le protocole. Qu’il évite la mise en scène. On n’accueille pas celui qui efface une victoire — puis vient en expliquer la pédagogie.
18 janvier 2025.
Un match. Joué. Gagné. Validé.
1-0. Prolongation. Pape Gueye marque.
Coup de sifflet final. Le réel est simple. Le Sénégal est champion.
Deux mois plus tard, le réel est réécrit.
La Confédération africaine de football décrète. Corrige. Inverse.
“Forfait du Sénégal.”
Un mot suffit pour déplacer un trophée.
Un mot suffit pour annuler le terrain.
Ce n’est plus du sport. C’est de l’écriture administrative.
Le prétexte est fragile.
Les joueurs seraient rentrés aux vestiaires.
Oui.
Mais sur ordre de l’arbitre, Jean-Jacques Ndala.
Pour apaiser.
Pour contenir.
Pour éviter que le match ne bascule.
Il suspend. Il gère. Puis il reprend.
Le jeu revient. Le match va à son terme.
Et surtout : il valide.
Un abandon, c’est un départ définitif.
Un refus de revenir. Une rupture.
Ce n’est pas ce qui s’est passé.
Alors la CAF transforme.
Une pause devient une fuite.
Une gestion devient une faute.
Pourquoi ?
Parce que la conclusion était déjà écrite.
Le droit, ici, sert d’habillage.
On parle de principes.
On invoque des notions.
On construit une faute après coup.
Mais la réalité est plus brutale :
les joueurs ont obéi à l’autorité légitime.
Ils ont suivi celui qui fait loi sur le terrain.
Refuser, c’était fauter.
Obéir, c’est fauter.
Pile, je gagne.
Face, tu perds.
Le piège est parfait.
Le verdict aussi.
Pendant ce temps, Gianni Infantino observe.
Présent. Témoin. Informé.
Penalty discutable.
Temps additionnel étiré.
But refusé pour une faute invisible.
Et pourtant, il tranche ailleurs.
Il parle de “violence”.
Il désigne le Sénégal.
Le football s’efface.
Les intérêts, eux, restent.
Et derrière ce théâtre, une autre réalité.
Dix-huit Sénégalais en prison.
Pas des chiffres.
Des corps abîmés. Des vies suspendues.
Et au sommet ?
Silence.
Ni indignation claire.
Ni pression assumée.
Le silence, ici, n’est pas une absence.
C’est une décision.
Puis vient l’aveu.
Des instructions données en plein match.
Pour gérer. Pour orienter. Pour tenir le scénario.
Le match n’était pas seulement joué.
Il était encadré.
Et ceux qui ont suivi ces instructions… sont sanctionnés.
Contradiction ? Non.
Système.
Dans ces conditions, la position du Sénégal sur cette visite inopinée et inopportune doit être claire. Elle ne peut pas être tiède. Elle ne peut pas être diplomatique au point de s’effacer.
Il n’y a pas lieu de normaliser cette situation. Pas d’accueil protocolaire. Pas de communication creuse. Toute discussion doit être conditionnée à des actes concrets, à commencer par la libération des détenus.
Sur le plan juridique, le recours devant le Tribunal arbitral du sport doit être mené jusqu’au bout. Les arguments existent. Ils sont solides. Et ils reposent sur des principes fondamentaux : l’autorité de l’arbitre, l’absence de forfait réel, et le refus d’une requalification abusive.
Enfin, les responsabilités doivent être nommées.
Patrice Motsepe.
Gianni Infantino.
Fouzi Lekjaa.
Non pas dans une logique de dénonciation gratuite, mais parce qu’un système ne se corrige pas sans être identifié.
La vérité brute, maintenant.
Motsepe, écoute bien.
Tu n’as pas géré une crise.
Tu as détruit une compétition.
Tu n’as pas protégé le football africain.
Tu l’as mis sous tutelle.
Tu n’as pas oublié 18 Sénégalais.
Tu les as sacrifiés.
Alors non — le Sénégal ne veut pas t’écouter.
Il veut justice.
Il veut ses enfants libres.
Il veut son trophée.
Tu n’es pas un invité.
Tu es le problème.
Et un problème, ça ne se reçoit pas.
Ça se règle.
Libérez les 18.
Rendez le trophée.
Et sortez de nos affaires.
Sportivement.
Paul Biagui
BIAGUIMEDIA






























