XALIMANEWS: Le premier congrès de PASTEF-Les Patriotes, organisé à Diamniadio les 6 et 7 juin, intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Loin de l’euphorie des premières années de conquête du pouvoir, le parti se retrouve aujourd’hui confronté à sa plus grande crise interne depuis sa création.
La rupture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye a profondément rebattu les cartes. Écarté de la Primature, Sonko a rapidement repris le contrôle politique de son appareil partisan en réaffirmant une ligne claire : les membres de PASTEF ne devaient pas participer au nouveau gouvernement. Une position qui a conduit à l’exclusion de plusieurs responsables ayant choisi de poursuivre l’aventure aux côtés du chef de l’État.
Désormais, au sein du camp sonkoliste, les cadres restés avec le président Diomaye sont perçus comme des dissidents, voire comme des « traîtres » ayant tourné le dos au projet originel du parti. Cette fracture a donné naissance à deux légitimités concurrentes : celle du fondateur et leader historique du mouvement, et celle du président de la République, élu sous la bannière des Patriotes.
De son côté, Bassirou Diomaye Faye n’a jamais caché son ambition de demeurer un acteur central dans la vie du parti. Avant la rupture, il avait progressivement investi les différentes instances et consolidé son influence au sein de l’appareil. Pour ses partisans, le chef de l’État reste l’un des principaux artisans de la victoire électorale et conserve toute sa place dans l’histoire et l’avenir du mouvement.
C’est dans ce contexte de divorce politique que s’ouvre le congrès de Diamniadio. Plus qu’une simple rencontre statutaire, il ressemble à une opération de reconquête et de démonstration de force pour Ousmane Sonko. L’objectif est clair : montrer que la base militante, les structures du parti et les alliés politiques demeurent majoritairement acquis à sa cause malgré son départ du gouvernement.
L’afflux annoncé de nombreux partis et mouvements politiques pourrait d’ailleurs être utilisé comme un indicateur de cette capacité de mobilisation. Pour Sonko, il s’agit de prouver que son influence dépasse désormais les frontières de PASTEF et qu’il reste le principal pôle d’attraction de l’espace politique issu de la mouvance patriotique.
Mais au-delà des démonstrations de force, une question demeure : qui incarne aujourd’hui l’héritage politique de PASTEF ? Le président de la République, détenteur de la légitimité institutionnelle, ou le leader historique qui revendique la fidélité au projet initial ? Le congrès de Diamniadio ne tranchera probablement pas définitivement ce débat. Il permettra toutefois de mesurer l’état réel des rapports de force après une rupture qui continue de secouer le sommet de l’État et de redessiner le paysage politique sénégalais
PIDvito






























