XALIMANEWS: Le landerneau politique sénégalais était en ébullition ce week-end. Autour d’un Ndogou (rupture du jeûne) aux allures de conseil de guerre, Ousmane Sonko a réuni l’Alliance patriotique pour le travail et l’éthique (Apte), créée parallèlement à la Coalition Diomaye Président, pilotée par le chef de l’État.
Le lendemain, dimanche, il a organisé le Conseil national de Pastef, rassemblant tous les ténors du parti et montrant une forme de fissure au sein de l’Exécutif. L’un des points forts de cette rencontre a été l’annonce officielle de la tenue du premier grand congrès de Pastef le 13 juin 2026.
Ces deux événements constituaient une réplique stratégique à la rencontre de la Coalition Diomaye Président, tenue la veille. Dans ce contexte, les deux camps semblent évoluer dans un même système institutionnel, mais à travers des cadres politiques parallèles, voire parfois opposés.
Introduit par Aïda Mbodj, le leader de Pastef a tenu à marquer son territoire après plusieurs semaines de spéculations sur son avenir à la Primature. « Cet après-midi, à huis clos, j’ai reçu et longuement échangé avec les leaders de la Coalition Apte. Les discussions ont été fructueuses et résolument constructives. (…) Le rouleau est en marche », a-t-il déclaré.
Face aux rumeurs de remaniement, la réponse a été claire et ferme : selon ses interlocuteurs, Ousmane Sonko ne démissionnera pas de la Primature, rappelant que seul le Président Bassirou Diomaye Faye a le pouvoir de mettre fin à ses fonctions. Par cette posture, il verrouille l’Exécutif et défie ouvertement les voix dissonantes au sein de la majorité.
Le leader de Pastef reste ouvert aux alliances stratégiques, soulignant que son isolement politique n’était qu’une parenthèse tactique pour obtenir la majorité législative. Avec l’Apte, il réactive sa machine électorale, avec deux objectifs majeurs : remporter toutes les élections locales de 2027 et préparer activement l’échéance présidentielle de 2029.
Au-delà de la rhétorique, le discours de Sonko révèle une stratégie de long terme articulée autour de quatre piliers : transparence de ses ambitions, consolidation de ses alliances, affirmation de son poids électoral et préparation méthodique pour les prochaines échéances. En rappelant qu’il dispose de sa propre coalition distincte du giron présidentiel, Sonko pose les jalons d’un rapport de force politique et affirme qu’il restera le principal mobilisateur de l’électorat, même en cas de dissolution ou de recomposition de la majorité






























