Pré-Tabaski : le coût des moutons inquiète déjà les familles à Dakar et environs

Lesenegalaislibre
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XALIMANEWS: À un mois de la Aïd al-Adha, plus connue au Sénégal sous le nom de Tabaski, la question du mouton est déjà au cœur des préoccupations de nombreux chefs de famille. Comme l’a constaté Xalima sur le terrain, les premiers signaux du marché ne rassurent pas.

Reportage au “daral” de Djoutibi, à Rufisque.

Sur place, quelques vendeurs ont commencé à exposer leurs bêtes, dans une ambiance encore timide. Les clients se font rares, mais les prix, eux, sont déjà bien visibles.

Djiba Ba, vendeur, s’est confié à Xalima :
« Les moutons commencent à arriver, alhamdoulilah. Mais pour l’instant, les clients sont rares. Peut-être qu’ils attendent l’approche de la Tabaski. Moi, je ne vends que des moutons d’élevage. Les prix varient entre 300.000 et 1.000.000 FCFA. »

Un peu plus loin, aux abords du marché, un jeune tente sa chance avec deux bêtes bien entretenues. Alassane Niang s’est lui aussi confié à Xalima :
« Je les ai élevés avec ma famille. L’objectif, c’est de les vendre pour nous permettre de passer une meilleure fête. Ce sont des moutons bien nourris. Je veux les céder à 400.000 FCFA l’unité. »

Pour certains vendeurs, le marché n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Moussa Sarr explique :
« Bientôt, les éleveurs peulhs vont venir avec les moutons dits “thiogal”. On espère que toutes les familles pourront avoir un mouton. Mais pour le moment, les prix sont élevés. Ce sont surtout les gros acheteurs qui viennent pour stocker. »

Face à cette réalité, certains Sénégalais misent sur des stratégies alternatives. C’est le cas de Samba Ly, maçon, rencontré sur son chantier :
« J’avais acheté un mouton juste après la Tabaski de l’année dernière. Je l’ai élevé, et aujourd’hui ça me permet de ne pas en acheter. Je conseille à tous les pères de famille de faire pareil, parce que les prix augmentent chaque année. »

Venu de Linguère, Woury Ka, vendeur, s’est également confié à Xalima :
« Je suis à Rufisque depuis cinq jours. Je n’ai vendu que quelques moutons. Les prix varient entre 150.000 et 300.000 FCFA. D’autres moutons vont arriver, mais en dessous de 150.000 FCFA, ce seront de petits gabarits. L’alimentation des bêtes coûte très cher. »

Une hausse des prix liée à plusieurs facteurs

Comme le souligne Xalima, cette cherté précoce des moutons s’explique par plusieurs facteurs. Le coût élevé de l’alimentation animale pèse lourdement sur les éleveurs, tout comme les frais de transport depuis les zones pastorales vers les centres urbains.

À cela s’ajoute une forte demande à l’approche de la Tabaski, avec des acheteurs en gros qui viennent s’approvisionner tôt pour revendre plus tard avec une marge. Les aléas climatiques et les difficultés d’accès au pâturage influencent également l’offre disponible sur le marché.

En attendant les grands arrivages annoncés dans les prochaines semaines, l’incertitude demeure. Mais une chose est sûre : pour de nombreuses familles, la Tabaski 2026 s’annonce déjà comme un défi économique

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