XALIMANEWS: Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a présenté ce qu’il considère comme de nouvelles preuves dans l’affaire du projet d’électrification rurale piloté par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Lors d’une déclaration consacrée au dossier, il a évoqué des documents bancaires obtenus dans le cadre d’une procédure judiciaire ouverte en Espagne visant la société AEE Power EPC.
Selon TAS, le projet concerné, destiné à électrifier 1 600 localités sénégalaises, bénéficie d’un financement de 140 millions d’euros accordé par Banco Santander avec la garantie de l’État espagnol à travers la CESCE. Il rappelle que l’État du Sénégal, via le ministère des Finances, est le débiteur officiel de ce financement tandis que l’ASER en est l’autorité contractante.
Le parlementaire affirme que plus d’un an après le versement d’une importante avance de démarrage, aucun chantier significatif n’aurait été lancé. Il indique avoir saisi le Pôle judiciaire financier (PJF) du Sénégal en octobre 2025 avant d’engager une procédure en Espagne en janvier 2026.
D’après les éléments qu’il dit avoir reçus de la justice espagnole, près de 56 millions d’euros, soit environ 37 milliards de francs CFA, auraient été versés sur un compte bancaire d’AEE Power EPC le 11 juin 2024. TAS soutient que l’essentiel de ces fonds aurait ensuite quitté ce compte en l’espace de quelques semaines à travers une série de virements vers plusieurs pays et diverses entités.
Le député affirme notamment que des dizaines de millions d’euros ont été transférés vers des comptes situés en Espagne, au Sénégal et dans plusieurs autres pays. Il relève également l’existence de flux financiers qu’il juge opaques, notamment des opérations de conversion de devises dont les bénéficiaires finaux ne seraient pas clairement identifiés dans les documents bancaires consultés.
Parmi les points soulevés figure également le paiement de garanties auprès de la Société nationale d’assurance du crédit et du cautionnement (SONAC). Selon TAS, ces garanties auraient été réglées après le décaissement des fonds et grâce à l’argent même qu’elles étaient censées sécuriser, une situation qu’il considère comme particulièrement problématique.
L’ancien ministre accuse par ailleurs les autorités sénégalaises d’avoir ignoré plusieurs alertes émises, selon lui, par les partenaires financiers espagnols. Il estime que l’État n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger les ressources publiques ni pour contraindre l’entreprise concernée à justifier l’utilisation des fonds.
Dans sa déclaration, Thierno Alassane Sall demande notamment que toute la lumière soit faite sur cette affaire, que les responsables d’AEE Power EPC soient convoqués par la justice, que la coopération judiciaire entre le Sénégal et l’Espagne soit renforcée et que l’état réel d’avancement du projet d’électrification soit rendu public.
L’affaire demeure désormais entre les mains des autorités judiciaires sénégalaises et espagnoles, qui devront établir les responsabilités éventuelles et déterminer si les mouvements financiers dénoncés constituent ou non des infractions.





























