Dissolution de l’Assemblée : Amadou Ba alerte sur le risque d’un revers du camp présidentiel

Xalima
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Invité de l’émission « En Vérité » sur Radio Sénégal, le député de Pastef les Patriotes, Amadou Ba, s’est exprimé sur l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale. S’il rappelle que cette décision relève des prérogatives constitutionnelles du président de la République, le parlementaire insiste surtout sur les conséquences politiques qu’un tel choix pourrait entraîner, notamment en cas de défaite aux législatives anticipées.

Une prérogative qui appartient au président

La possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale continue d’alimenter les discussions dans le paysage politique sénégalais. Interrogé sur cette éventualité, Amadou Ba a d’abord tenu à rappeler le cadre institutionnel.

« C’est une prérogative du président de la République », a déclaré le député de Pastef, soulignant que le chef de l’État dispose de cette faculté dans le cadre prévu par la Constitution.

Pour Amadou Ba, les parlementaires n’ont donc pas à se perdre dans les spéculations autour d’une éventuelle dissolution. La décision appartient au président de la République, qui doit apprécier lui-même l’opportunité et le moment d’exercer cette prérogative.

Mais derrière la question institutionnelle se pose surtout celle du risque politique.

Le scénario d’un revers électoral

Au cours de l’émission, le député s’est particulièrement attardé sur les conséquences que pourrait avoir l’organisation d’élections législatives anticipées.

S’appuyant sur certains enseignements de la science politique et faisant notamment référence à la pratique gaullienne, Amadou Ba estime qu’un chef de l’État qui décide de retourner devant les électeurs en engageant directement sa responsabilité politique doit également être prêt à tirer les conséquences du verdict des urnes.

Dans cette perspective, une défaite du camp présidentiel aux législatives anticipées ne serait pas sans conséquence.

Selon le scénario évoqué par le parlementaire, si une autre liste ou coalition arrivait en tête, celle-ci pourrait être appelée à prendre les responsabilités gouvernementales. Une telle situation modifierait profondément l’équilibre politique du pays.

Le spectre d’une nouvelle configuration institutionnelle

Une défaite du camp présidentiel pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence institutionnelle, avec un président de la République confronté à une majorité parlementaire issue d’un autre camp politique.

Le rapport de force entre l’exécutif et l’Assemblée nationale s’en trouverait considérablement transformé. Le chef de l’État devrait alors composer avec une majorité parlementaire qui ne partagerait pas nécessairement les mêmes orientations politiques.

Le scénario évoqué par Amadou Ba renvoie ainsi à une éventuelle situation de cohabitation, dans laquelle la conduite du gouvernement pourrait revenir à la force politique disposant du soutien majoritaire à l’Assemblée.

Un pari politique à mesurer

L’intervention du député de Pastef met donc en évidence une dimension essentielle du débat sur une éventuelle dissolution : si la décision relève bien du président de la République, ses conséquences politiques ne peuvent être maîtrisées à l’avance.

Dissoudre l’Assemblée et convoquer les électeurs reviendrait à prendre le risque d’un nouveau rapport de force issu des urnes. Pour le camp présidentiel, l’enjeu serait alors double : conserver sa majorité parlementaire ou accepter une recomposition politique susceptible de modifier en profondeur l’équilibre institutionnel.

En rappelant le scénario d’un possible revers électoral, Amadou Ba souligne ainsi que les législatives anticipées ne seraient pas une simple formalité électorale. Elles pourraient constituer un véritable tournant politique pour le Sénégal.

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