Musées universels : la vision de Souleymane Bachir Diagne pour le Sénégal

Lesenegalaislibre
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XALIMANEWS: Le philosophe Souleymane Bachir Diagne plaide pour la création de musées universels à travers le monde, à l’image du musée du Louvre, afin de mieux valoriser la recherche et la créativité humaine.

Lors d’une conférence tenue jeudi autour du thème « Vers une nouvelle cosmopolitique : penser notre commune humanité », il a insisté sur la nécessité de repenser la géographie culturelle mondiale. Selon lui, il est essentiel que des institutions à vocation universelle émergent en dehors de l’Europe, notamment en Afrique.

« Il faudrait qu’il y ait des musées universels partout dans le monde, car c’est là-bas que des études sont menées, à l’image du musée du Louvre qui réunit plusieurs expressions de la créativité humaine », a-t-il déclaré. Dans cette dynamique, il a exprimé son souhait de voir le Sénégal se doter d’un tel espace, en raison de la richesse et de la diversité de ses cultures.

Pour Souleymane Bachir Diagne, concentrer les musées universels en Europe reviendrait à vider l’universalité de son sens. « Si tous les musées à vocation universelle se trouvent seulement en Europe, on perdra tout le sens de l’universalité », a-t-il averti, appelant à une répartition plus équitable de ces institutions à l’échelle mondiale.

Professeur à l’université Columbia University, spécialiste de l’histoire des sciences et de la philosophie islamique, il a également insisté sur l’urgence de « décoloniser les savoirs ». Cela passe, selon lui, par un travail de traduction et de mise en dialogue des connaissances humaines.

Il considère en effet les savoirs comme un ensemble indivisible, estimant que les segmenter entre « Nord » et « Sud global » risquerait de faire disparaître l’idée même d’une histoire universelle des sciences et de la traduction.

Prenant part à cette rencontre, le spécialiste allemand en études culturelles Markus Messling a, pour sa part, appelé à renouveler les récits collectifs. Il a plaidé pour la construction de nouvelles narrations capables d’imaginer un futur universel maîtrisable, au lieu d’un avenir subi ou source d’inquiétude.

À travers ces échanges, les intervenants ont mis en avant la nécessité de repenser les cadres culturels et intellectuels globaux, en faveur d’un universalisme plus inclusif et véritablement partagé.

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