Par PIDvito: Depuis plusieurs années, Cheikh Yerim Seck aime apparaître comme une conscience critique de la sous-région. Il parle du Sénégal, de la Guinée, des transitions politiques, des dirigeants africains et des crises institutionnelles avec le ton d’un homme qui voudrait se placer au-dessus de tout soupçon. Pourtant, derrière cette posture médiatique se cache une réalité beaucoup plus complexe : celle d’un journaliste profondément contesté dans son propre pays.
Au Sénégal, son nom reste attaché à plusieurs scandales et affaires judiciaires qui ont durablement fragilisé sa crédibilité. L’affaire de mœurs de 2012 a marqué un tournant dans son image publique. Plus tard sont venues l’affaire Batiplus liée à la famille Farès, les accusations de diffusion de fausses nouvelles, les plaintes pour diffamation ainsi que d’autres polémiques ayant rythmé son parcours médiatique.
Pendant des années, il s’est aussi illustré par des attaques répétées contre PASTEF, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye lorsque ces derniers étaient dans l’opposition. Ses chroniques et interventions donnaient parfois l’impression d’un engagement personnel plus que d’une analyse journalistique équilibrée.
Aujourd’hui, avec l’arrivée de ces mêmes leaders au pouvoir, beaucoup constatent un changement d’attitude. Celui qui était connu pour ses sorties agressives semble désormais plus discret dans l’espace médiatique sénégalais. Et ce silence est d’autant plus remarqué qu’il intervient au moment où sa crédibilité est fortement remise en cause sur les réseaux sociaux.
Même des influenceurs comme Adamo et Nabou Dash se sont permis de le défier publiquement sur TikTok, affirmant détenir des informations sensibles sur lui. Plus surprenant encore : Cheikh Yerim Seck, réputé autrefois pour ses réponses féroces et ses confrontations directes, a choisi de garder le silence face à ces attaques répétées.
Dans les commentaires sur les réseaux sociaux, il est aujourd’hui régulièrement raillé, insulté ou tourné en dérision par une partie des internautes sénégalais qui ne lui reconnaissent plus l’autorité morale qu’il revendiquait auparavant.
Et pourtant, malgré cette contestation grandissante dans son propre pays, il tente désormais de se repositionner comme analyste des affaires guinéennes en multipliant les critiques contre le régime de Mamadi Doumbouya.
Mais une question mérite d’être posée : avec quelle légitimité ?
La Guinée n’est pas parfaite. Aucun pays ne l’est. Mais il faut reconnaître une réalité : depuis l’arrivée de Mamadi Doumbouya, le pays cherche à éviter les fractures ethniques et les instabilités qui ont longtemps menacé son équilibre interne. Des réformes sont engagées, des coopérations se développent et plusieurs cadres sénégalais travaillent aujourd’hui aux côtés des autorités guinéennes dans différents secteurs.
Des professeurs sénégalais enseignent dans les universités guinéennes. Des entrepreneurs sénégalais collaborent avec l’État guinéen. Les relations entre Senegal et Guinea demeurent solides et fraternelles.
Dans ce contexte, voir un journaliste sénégalais aussi contesté vouloir donner des leçons permanentes à la Guinée interroge profondément.
Je défie publiquement Cheikh Yerim Seck : qu’il commence d’abord par répondre clairement aux nombreuses zones d’ombre qui entourent son propre parcours avant de vouloir se poser en juge des autres nations.
L’arrivée au pouvoir de PASTEF a profondément changé les équilibres au Sénégal. Beaucoup de réseaux, de protections médiatiques et de relais d’influence qui permettaient autrefois à certains chroniqueurs de prospérer se sont progressivement effondrés. Les anciens circuits d’influence ne fonctionnent plus comme avant. Et dans cette nouvelle configuration politique, plusieurs figures médiatiques autrefois omniprésentes semblent avoir perdu leurs repères, leur accès et parfois même leur capacité d’influence.
C’est aussi ce qui explique le malaise actuel autour de Cheikh Yerim Seck. Celui qui occupait constamment le centre du débat public paraît aujourd’hui isolé, contesté et de plus en plus déconnecté d’une opinion sénégalaise qui a profondément changé.
Le Sénégal de 2026 n’est plus celui d’hier. Les citoyens questionnent davantage les médias, les chroniqueurs et les donneurs de leçons. Les réseaux sociaux ont cassé beaucoup de monopoles de parole. Désormais, chaque sortie publique est analysée, contestée et confrontée au passé de celui qui parle.
On ne peut pas durablement attaquer des hommes politiques pendant des années, perdre progressivement la confiance d’une partie de l’opinion, voir son image fragilisée par des scandales successifs, puis chercher refuge dans les débats concernant d’autres pays comme si son propre passif n’existait pas.
La liberté d’expression est un droit absolu dans une démocratie. Mais la crédibilité, elle, ne s’impose pas par le bruit médiatique. Elle se construit par la cohérence, la constance et l’exemplarité.
Et aujourd’hui, c’est précisément cette crédibilité que beaucoup de Sénégalais contestent à Cheikh Yerim Seck.
PIDvito, [email protected]





























