XALIMANEWS: À quelques jours de la Tabaski, les ruelles de Dakar vibrent au rythme des machines à coudre, selon un reportage de Xalima, . Dans les ateliers de couture, l’ambiance est à la fois électrique et tendue : les commandes s’accumulent, les nuits s’allongent, et les tailleurs tentent tant bien que mal de respecter les délais.
Cette année, les professionnels du textile constatent une réalité contrastée. Si la fête reste un moment fort de consommation vestimentaire, le contexte économique pèse lourdement sur les ménages. Résultat : une baisse de certaines commandes, notamment chez les hommes, et une forte présence des clientes féminines.
Des ateliers en pleine activité à Pikine Tally Bou Mak
À Pikine Tally Bou Mak, les machines ne s’arrêtent presque plus chez Abou Seck. Entre piles de tissus et retouches urgentes, le tailleur tente de gérer le flux de commandes.
« Alhamdoulilah, à une semaine de la Tabaski j’ai presque terminé mes commandes. Beaucoup de clients ont anticipé, surtout les femmes. Cette année est différente, mais je m’en sors », confie-t-il.
Comme chaque année, la période est marquée par une forte pression sur les tailleurs, contraints de travailler tard dans la nuit pour respecter les délais
.

Une clientèle masculine en nette baisse
Dans le même quartier, Mbaye Lo Ndoye observe un changement notable dans les habitudes de consommation :
« Je n’ai presque pas vu de clients hommes cette année. Les femmes viennent avec deux ou trois boubous. Même la nuit, je reçois encore des clientes. Je vais devoir sacrifier mon sommeil pour finir », explique-t-il.
Cette évolution interroge les acteurs du secteur sur les priorités budgétaires des ménages à l’approche de la fête.

Les femmes au centre des commandes
À Thiaroye, la couturière Maimouna Diop constate directement l’impact de la conjoncture économique sur son activité.
« On sent les difficultés financières des familles. Cette année, on fait du crédit pour aider certaines clientes à se préparer pour la fête. Je me suis concentrée sur les femmes et les enfants car j’ai très peu de commandes pour les hommes », explique-t-elle.
Les facilités de paiement deviennent ainsi une stratégie d’adaptation pour maintenir l’activité.
Des habitudes de consommation qui évoluent
Pour certains clients, la Tabaski reste un moment de priorité familiale avant tout. À HLM, Moussa Mbaye estime que les comportements ont changé :
« Aujourd’hui, la Tabaski est surtout pour les femmes et les enfants. Les hommes commandent pour leur famille et optent pour des tenues simples. Ils se concentrent surtout sur les dépenses du foyer », analyse-t-il.
Les vendeurs de jalabas tirent leur épingle du jeu
À Colobane, les commerçants de prêt-à-porter enregistrent malgré tout une bonne dynamique. Fallou Sarr se dit satisfait des ventes de dernière minute :
« On sent bien la fête. Plusieurs hommes ont acheté des jalabas ces derniers jours. J’ai même terminé le stock de grandes tailles. Les prix varient entre 4 000 et 12 000 francs CFA pour permettre à tout le monde de s’habiller », indique-t-il.
Une fête entre tradition et réalités économiques
Malgré les difficultés financières, la Tabaski reste un moment fort de cohésion sociale et religieuse au Sénégal. Les familles continuent de privilégier les habits traditionnels, même si les contraintes économiques obligent à revoir les priorités.
Entre surcharge des tailleurs, adaptation des prix et évolution des habitudes vestimentaires, cette édition de la Tabaski met en lumière une réalité sociale contrastée, où la tradition s’ajuste progressivement aux défis économiques du quotidien.
PIDVITO






























