Invitée de l’émission Grand Témoin animée par Cherif Diop sur la chaîne YouTube d’Evenprod (diffusée ce vendredi à 21h), l’ancienne ministre de la Santé, le Professeur Awa Marie Coll Seck, a lancé un appel fort à une gestion « au plus haut niveau » des épidémies de la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et du MPOX (variole du singe), qui frappent actuellement le Sénégal.
Une coordination au sommet de l’État
« Quand il y a des problèmes de santé comme ceux-là, on les gère au plus haut niveau possible parce que ça devient un problème politique », a déclaré le Pr Seck. Selon elle, la Primature et la Présidence doivent s’impliquer directement pour appuyer le ministère de la Santé, seul acteur de terrain, mais qui doit disposer de tous les moyens nécessaires pour agir efficacement.
Cette approche de gouvernance sanitaire, estime-t-elle, permettrait de mieux anticiper les crises et d’assurer une réponse rapide et coordonnée face aux menaces épidémiques.
L’approche « One Health » au cœur de la riposte
Face à la recrudescence des maladies d’origine animale, l’infectiologue a plaidé pour une approche intégrée impliquant plusieurs secteurs : santé, agriculture, élevage, environnement et même éducation.
« L’émergence des zoonoses doit pousser les services à mettre en avant le concept One Health (‘Une seule santé’). Il faut qu’il y ait un système de surveillance aussi pointu pour les animaux que pour les hommes », a-t-elle expliqué.
Confiance, toutefois, en la capacité nationale de réaction : « Une épidémie, on la prend tôt. Le Sénégal n’est quand même pas n’importe quel pays, ici on sait gérer des épidémies », a rassuré le professeur Seck.
MPOX : priorité à l’hygiène et à la sensibilisation
Abordant la propagation du virus du MPOX, elle a insisté sur la vigilance et les gestes de prévention : « Là, il faut mettre beaucoup plus l’accent sur l’hygiène. Se laver les mains tout le temps, mettre en avant les mesures barrières comme on le faisait au temps de la Covid », a-t-elle rappelé.
Au-delà des mesures sanitaires, le Pr Seck a souligné l’importance capitale de la communication avec la population :
« Quand on a un problème de santé comme ces épidémies, il faut parler aux communautés. Il faut tout dire à la population. C’est très bien de faire des conférences de presse et des communiqués, mais il faut dire la vérité tout en donnant de l’espoir. »
Une situation préoccupante mais maîtrisée
Selon les dernières données des services de santé, la Fièvre de la Vallée du Rift a déjà causé 22 décès à travers le pays. Concernant le MPOX, sept cas ont été enregistrés à Dakar, sans aucun décès à ce jour.
En rappelant la nécessité d’une gestion stratégique et d’une communication honnête, le Professeur Awa Marie Coll Seck appelle à une mobilisation nationale, au-delà des structures sanitaires, pour protéger durablement la santé publique sénégalaise.






























