Sonko limogé limogé le jour où le palais a rendu son verdict ( Jacob Koné Katina, chroniqueur politique)

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Sonko limogé limogé le jour où le palais a rendu son verdict

J’avais dit que ça ne marcherait pas. Le 22 mai 2026 a dit : le chroniqueur avait raison…

I. OUVERTURE : Le Décret et le Sommeil

Il y a des nouvelles qui ne surprennent pas. Il y a des nouvelles que l’on attend depuis si longtemps qu’elles arrivent presque comme un soulagement, comme on attend la pluie après des semaines de chaleur sèche. Le limogeage d’Ousmane Sonko de la primature sénégalaise, signé le vendredi 22 mai 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, est de celles-là.

Vendredi 22 mai 2026 donc. Un décret. Quelques lignes administratives. Et voilà : l’homme qui se croyait l’âme du régime, la colonne vertébrale de la République, le vrai cerveau derrière le visage présidentiel, se retrouve sans portefeuille, sans titre, sans couloir de pouvoir. Rentré chez lui, il a immédiatement pris ses réseaux sociaux pour annoncer — avec la grandeur d’un homme qui aurait tout prévu — qu’il allait dormir mieux.

Dormir mieux.

Je me suis arrêté sur cette formule. Longtemps. Parce qu’elle contient, à elle seule, toute la psychologie de Sonko, toute sa façon d’être au pouvoir, toute l’explication de pourquoi cette alliance était condamnée. Un Premier ministre qui dit qu’il va dormir mieux après son limogeage est un Premier ministre qui n’était pas à sa place. Mais alors ma question est simple, directe, et elle mérite une réponse franche : si tu dormais si mal, Sonko, pourquoi n’as-tu pas démissionné ?

Pourquoi n’as-tu pas dit, avec la dignité de l’homme libre que tu prétends être : cette mission ne me convient plus, je rends le tablier ? Pourquoi avoir attendu qu’on te montre la porte pour trouver le sommeil ? Cette rhétorique de libération post-limogeage est une hypocrisie d’une cruauté politique particulière et elle me répugne profondément. Elle dit : j’étais malheureux mais je m’accrochais quand même. Elle dit : je souffrais mais je ne partais pas. Elle dit, en filigrane, que le poste qu’il dénigrait aujourd’hui était encore hier un fauteuil qu’il n’entendait pas quitter de son plein gré. Voilà le vrai Sonko. Voilà l’homme sans son masque.

II. CE QUE J’AVAIS DIT ET QUE CERTAINS ONT EU L’ÉLÉGANCE DE CONTESTER

« La vraie connaissance n’est pas dans la prédiction, elle est dans la compréhension des mécanismes qui rendent la prédiction inévitable. »

Alexis de Tocqueville.

Je ne prendrai pas la peine de faire preuve de fausse modestie. Les archives sont là. Les chroniques sont datées. Les doutes que j’avais semés — et que l’on m’avait reprochés avec une véhémence qui en disait long sur l’inconfort qu’ils provoquaient — étaient fondés.

J’avais dit, dès la formation de ce tandem improbable, que la configuration Faye-Sonko portait en elle une contradiction fondamentale et irrésoluble. Non pas parce que les deux hommes manquaient de talent. Non pas parce que leur vision politique était radicalement divergente. Mais parce qu’une République n’est pas un duo de jazz où deux solistes peuvent improviser simultanément sans partition commune. Parce que le pouvoir exécutif, dans sa nature profonde, est unitaire. Parce que l’Histoire africaine, de Nkrumah à Sankara, de Modibo Keïta à Laurent-Désiré Kabila, nous enseigne que les cohabitations au sommet entre deux volontés de même force se terminent toujours de la même façon : par l’éviction de l’un ou la destruction des deux.

J’avais dit cela. On m’avait traité de pessimiste. Je préfère, pour ma part, le terme de réaliste.

III. SONKO : LE PORTRAIT D’UN HOMME INGÉRABLE

« Le génie sans discipline est une armée sans général : puissante, bruyante, et qui finit par se retourner contre elle-même. »

Napoléon Bonaparte.

Entrons dans le vif du sujet. Parce que la vérité mérite d’être dite sans détour, même si elle dérange certaines hagiographies encore en circulation.

Ousmane Sonko était ingérable. Ce mot — ingérable — n’est pas une insulte. C’est un diagnostic. Et comme tout diagnostic sérieux, il repose sur des observations précises.

Sonko n’a jamais, à aucun moment de son passage à la primature, intégré le fait qu’un Premier ministre n’est pas un co-président. Il n’est pas l’alter ego du chef de l’État. Il n’est pas son associé. Il n’est pas — quelque soit son histoire personnelle, quelque soit le sacrifice consenti, quelque soit la dette politique accumulée — son égal institutionnel. Un Premier ministre est un chef d’orchestre qui exécute une partition dont un autre a défini les grandes lignes. Ce n’est pas un rôle de figuration. C’est un rôle d’importance réelle. Mais c’est un rôle défini, avec des limites, avec une hiérarchie, avec une logique constitutionnelle que même les plus brillants des hommes doivent respecter.

Sonko, lui, fonctionnait comme si cette hiérarchie était une formalité provisoire en attendant qu’on lui rende ce qui lui appartenait de droit. Il revendiquait publiquement la paternité idéologique du régime. Il se positionnait, dans ses discours, ses interviews, ses sorties publiques, comme le cerveau de la République. Il traitait Faye — non pas avec mépris, ce serait trop simple — mais avec cette condescendance subtile et plus blessante encore de l’homme qui croit que l’autre lui doit même le droit de respirer.

Ce n’était pas laid. C’était insupportable. Et ce qui est insupportable finit toujours par être insupporté.

Foucault, dans Surveiller et Punir, a décrit les mécanismes par lesquels le pouvoir s’exerce non pas dans la violence frontale mais dans la discipline quotidienne des corps et des esprits. Ce que Sonko a pratiqué à l’égard de Faye, c’est une forme inverse et perverse de ce schéma : il tentait d’exercer une discipline informelle sur un espace institutionnel qui ne lui appartenait pas. Il convoquait le devoir de gratitude comme un outil de gouvernance. Il transformait le passé en hypothèque sur le présent. Et l’histoire des hommes de pouvoir nous enseigne qu’il n’est pas de dette plus efficacement répudiée qu’une dette d’honneur.

IV. FAYE : L’INTELLIGENCE DISCRÈTE D’UN HOMME QUI A COMPRIS

« La force ne donne pas raison. Mais la patience, alliée à l’intelligence, finit toujours par donner gain de cause. »

Félix Houphouët-Boigny.

Et maintenant parlons de Bassirou Diomaye Faye. Parlons-en comme il mérite qu’on en parle : avec lucidité, avec admiration, et avec la ferme intention de rétablir une vérité que la propagande sonkiste des derniers mois avait passablement brouillée.

Diomaye Faye a tout fait pour que cette relation ne devienne pas venimeuse publiquement. Il a absorbé. Il a contenu. Il a géré avec une dignité qui force le respect. Il a laissé Sonko occuper l’espace médiatique, faire ses déclarations tonitruantes, jouer au chef de guerre de la souveraineté, sans jamais perdre de vue l’essentiel : gouverner un pays, pas gagner une guerre d’égos.

Et voici ce que je trouve particulièrement élégant, ce que j’ai envie de souligner avec une insistance marquée : avant de signer le décret de limogeage, Faye a pris soin de rendre Sonko éligible. Il a veillé à ce que l’homme qu’il congédiait conserve ses droits politiques, sa capacité à se présenter aux élections, son avenir dans la vie démocratique sénégalaise. C’est là le geste d’un homme d’État accompli. C’est là la marque d’un esprit supérieur. On ne détruit pas l’ennemi politique, on lui rend sa liberté en lui ôtant le pouvoir de nuire au présent. C’est Machiavel tempéré par la générosité. C’est la force qui s’habille de magnanimité.

Ce Faye-là, ceux qui le sous-estimaient encore devraient prendre le temps de le regarder attentivement.

Car Faye a compris quelque chose que Sonko — prisonnier de son propre mythe — n’a pas su voir : la différence fondamentale entre le souverainisme comme posture et la diplomatie comme outil de gouvernance réelle.

Sonko est un souverainiste de tempérament. C’est une conviction sincère, et je ne la disqualifie pas. Mais le souverainisme qui se transforme en posture permanente, en confrontation systématique avec les partenaires, en discours de rupture tous azimuts, n’est pas une politique étrangère  c’est une performance pour le public intérieur. Et les performances, ça ne nourrit pas un peuple.

Houphouët-Boigny l’avait compris en son temps, lui à qui les panafricanistes reprochaient son pragmatisme pro-occidental, lui que les idéologues de la rupture regardaient avec condescendance comme un collabo du système. Houphouët savait ce que Sonko n’a jamais voulu admettre : on peut négocier avec l’adversaire sans se soumettre à lui, maintenir des relations avec des partenaires inconfortables sans perdre son âme, et construire la souveraineté réelle de son pays dans les interstices du système, avec méthode, avec patience, avec intelligence froide. La Côte d’Ivoire, pendant quarante ans, a été la démonstration vivante de cette thèse.

Les populistes comme Sonko n’y voient que du feu. Ils confondent le bruit de la rupture avec l’œuvre de la libération. Ils mesurent l’indépendance au décibel. Faye, lui, la mesure à l’acte. Et l’acte, depuis le 22 mai 2026, parle de lui-même. POINT.

V. LA QUESTION QU’IL FAUT POSER : SONKO ÉTAIT-IL SINCÈRE ?

« Le mensonge politique le plus redoutable est celui qui croit en lui-même. »

Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme.

Je veux maintenant poser une question que beaucoup évitent par confort idéologique, mais qui s’impose à l’analyse honnête : Sonko était-il sincère dans cette alliance ?

Ma réponse est : partiellement. Et le partiellement est le problème.

Sonko était sincère dans sa conviction d’être l’homme providentiel du Sénégal. Il était sincère dans son idéologie souverainiste. Il était sincère dans son opposition à Macky Sall. Mais il n’était pas sincère dans sa conception du rôle qu’il acceptait de jouer aux côtés de Faye. Il n’a jamais vraiment accepté d’être Premier ministre au sens plein du terme. Il a accepté d’être Sonko dans un bureau de Premier ministre, ce qui est radicalement différent.

La preuve ? Elle est dans chacune de ses interventions publiques depuis mars 2024. Elle est dans sa façon de parler au nom du régime comme s’il en était le propriétaire. Elle est dans ses critiques à peine voilées des arbitrages présidentiels qui ne lui convenaient pas. Elle est, enfin et surtout, dans cette déclaration post-limogeage sur le sommeil retrouvé, déclaration qui révèle un homme qui vivait sa propre présence au gouvernement comme une contrainte, comme une insulte, non comme un service.

Un homme qui sert vraiment son pays ne dit pas qu’il va dormir mieux quand on le renvoie. Il dit qu’il regrette de n’avoir pas pu accomplir davantage. Il dit que son successeur aura le soutien de son expérience. Il dit des choses de grand homme. Sonko a dit qu’il allait dormir mieux. Et ce faisant, il a involontairement signé l’aveu le plus complet de son rapport au pouvoir.

VI. FAYE A TOUT GÉRÉ ET C’EST MAINTENANT QU’IL EST LIBRE

« Ce n’est pas la tempête qui brise le baobab, c’est l’arbre creux qui tombe. »

Proverbe Tagbanan.

Il y a une chose que les commentateurs les plus passionnés — et les plus émotifs — de cette affaire n’ont pas voulu voir : Faye a protégé Sonko jusqu’au bout. Il a protégé l’institution en n’organisant pas le spectacle de la dégradation publique. Il a protégé la personne en préservant l’éligibilité de Sonko, cette bouée politique sans laquelle il n’aurait plus aucun avenir dans la vie démocratique sénégalaise. Il a protégé le Sénégal en agissant avant que les contradictions n’atteignent un niveau de toxicité institutionnelle irrémédiable.

C’est le type de loyauté froide et structurée que pratiquent les hommes de bon sens : on honore ce qui doit être honoré, on coupe ce qui doit être coupé, et on fait les deux avec méthode. Faye n’aime pas qu’on se moque de lui, c’est le type d’homme qui encaisse en silence et qui rend son verdict au moment qu’il a lui-même choisi. Et le moment était bien choisi.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis le 24 mars 2024, les deux hommes sont libres.

Faye est libre de gouverner sans l’ombre permanente d’un co-président autoproclamé dans ses couloirs. Il est libre de construire sa propre doctrine, sa propre diplomatie, son propre bilan. Il est libre de choisir un Premier ministre qui travaille pour lui, et non à côté de lui.

Sonko est libre, lui, de retrouver ce qui est sa vraie nature politique : l’opposition. L’opposition, pour Sonko, n’est pas un exil, c’est un habitat naturel. C’est là qu’il est brillant, percutant, galvanisant. C’est là que son talent d’orateur, son instinct populiste au meilleur sens du terme, son rapport viscéral à la foule, trouvent leur expression la plus juste. Sonko au pouvoir était un oiseau de tempête enfermé dans une cage dorée. Sonko dans l’opposition sera de nouveau lui-même.

Et c’est maintenant que le Sénégal, enfin, ira mieux.

VII. ANALYSE PROSPECTIVE : QUE FERONT-ILS DE LEUR LIBERTÉ RETROUVÉE ?

« Les grands hommes ont deux vies : la première pendant laquelle ils découvrent leur destin, la seconde pendant laquelle ils l’accomplissent. »

Jean Jaurès.

Côté Faye, les options du bâtisseur :

Faye dispose désormais d’une fenêtre politique d’une qualité rare. Il a la légitimité des urnes, renforcée par la décision courageuse qu’il vient de prendre. Il a la crédibilité de l’homme qui n’a pas succombé à la pression du mythe. Il a, surtout, du temps et de l’espace pour gouverner vraiment.

Sa priorité absolue doit être la désidéologisation partielle de son gouvernement. Non pas l’abandon du souverainisme — c’est une promesse faite au peuple et elle doit être tenue — mais la distinction nette entre la vision et la méthode. La vision peut être radicale. La méthode doit être pragmatique. Les ressources naturelles du Sénégal — pétrole, gaz — offrent une opportunité historique de transformation structurelle. Cette transformation ne se fera pas à coups de discours de rupture mais à coups de négociations intelligentes, de contrats bien rédigés, d’institutions renforcées, de compétences mobilisées.

Faye doit choisir un Premier ministre technocratique, discret, loyal, et compétent. Quelqu’un dont le métier est d’exécuter, pas de régner. Quelqu’un qui ne se prendra pas pour Poutine dans le bureau du Premier ministre.

Côté Sonko — les options de l’opposant :

L’opposition s’annonce. La question n’est pas de savoir si Sonko ira dans l’opposition — il y va, c’est acté. La question est de savoir quelle sorte d’opposant il sera.

Option A : l’opposition constructive. Sonko utilise son capital populaire pour jouer le rôle de vigile démocratique, contrôle l’action gouvernementale, propose des alternatives crédibles, prépare 2029 avec méthode. C’est l’option de la maturité politique. C’est celle que son pays mérite. C’est celle qui, si elle est tenue, pourrait lui permettre de revenir dans quelques années comme une figure d’État accomplie.

Option B : l’opposition systématique. Sonko tombe dans le piège du ressentiment, critique tout, sabote ce qu’il peut, instrumentalise ses partisans pour déstabiliser le régime. C’est l’option de la petitesse. C’est l’option qui le détruira politiquement parce que le peuple sénégalais, fin et mémorialiste, ne pardonne pas à ceux qui font passer leurs égos blessés avant l’intérêt du pays.

La déclaration sur le sommeil retrouvé me fait craindre que Sonko penche vers l’Option B. Mais je lui souhaite, sincèrement, d’avoir la grandeur de l’Option A. POINT.

VIII. AUX ÉMOTIFS : CIRCULEZ!

« Les larmes des militants sont le meilleur anesthésiant des analyses politiques sérieuses. »

Jacob Koné Katina.

Un mot, maintenant, à ceux qui pleurent ce limogeage comme une trahison, comme un crime politique, comme la preuve que Faye est un ingrat manipulé par les forces du mal.

Cette affaire n’est pas pour vous. Pas parce que vos émotions sont illégitimes, elles ne le sont pas. Mais parce que les émotions, en politique, sont de mauvaises boussoles. Elles vous font prendre la conséquence pour la cause, l’acte pour la trahison, la mécanique pour la perfidie.

Un Premier ministre n’est pas un président. Fût-il le mentor. Fût-il le parrain. Fût-il l’homme sans qui rien n’aurait été possible. Le titre ne se partage pas, la fonction ne se dédouble pas, l’autorité exécutive ne se négocie pas sur la base des dettes du passé. Sonko lui-même, si on lui avait posé la question en termes abstraits en 2020, vous aurait dit exactement cela. Il aurait cité Machiavel. Il aurait été brillant. Il aurait eu raison.

Sauf qu’en 2024, c’est lui qui était dans l’équation. Et les hommes ont une fâcheuse tendance à appliquer la théorie aux autres avec rigueur et à eux-mêmes avec indulgence.

On ne peut pas être Premier ministre tout en étant un critique ingérable, capricieux à l’excès, chichiteux sur les prérogatives. On ne peut pas occuper la deuxième place de l’État tout en signalant constamment que la première vous appartient de droit moral. On ne peut pas prétendre servir un président qu’on ne reconnaît pas vraiment comme président.

Sonko n’a jamais vraiment considéré Diomaye Faye comme son président. C’était visible. C’était laid. Et cela devait finir.

Cela a fini. POINT.

IX. ÉPILOGUE : LE SÉNÉGAL RESPIRE

« Il n’y a pas de meilleur moment pour commencer que lorsque les obstacles inutiles sont ôtés du chemin. »

Léopold Sédar Senghor.

Le Sénégal est un grand pays. Trop grand pour ces petites querelles. Trop riche d’histoire, de culture, d’intelligence collective, pour que ses meilleures énergies soient gaspillées dans des batailles d’égos entre deux hommes qui, au fond, ont la même ambition pour leur peuple mais des psychologies incompatibles.

Le 22 mai 2026 n’est pas un jour de deuil. C’est un jour de clarification. Un jour où la République sénégalaise a rappelé, par la voix froide d’un décret présidentiel, ce que Houphouët avait compris avant tout le monde et ce que l’Afrique politique continue d’apprendre à ses dépens : la diplomatie l’emporte toujours. La méthode prévaut toujours sur la posture. L’institution survit toujours à l’individu.

Bassirou Diomaye Faye, trente-neuvième président de la République du Sénégal, est ce matin un homme plus libre. Plus fort. Plus seul aussi et la solitude du pouvoir est le prix que paient ceux qui gouvernent vraiment.

Quant à Sonko : puisse-t-il effectivement dormir mieux. Puisse-t-il, dans ce sommeil retrouvé, rêver d’un retour politique construit sur la maturité et non sur le ressentiment. Puisse-t-il se souvenir, au réveil, que les grands hommes ne se définissent pas seulement par la façon dont ils conquièrent le pouvoir, mais par la façon dont ils en acceptent les règles.

Et puisse le Sénégal, enfin, dormir lui aussi mais pas d’un sommeil d’abandon. D’un sommeil de pays qui sait où il va.

L’avenir appartient aux bâtisseurs silencieux. Faye a choisi ce camp.

L’histoire dira le reste.

Jacob Koné Katina

Chroniqueur politique, Bingerville, Côte d’Ivoire

23 mai 2026

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