Après avoir suivi Alioune Tine sur France 24,je me dis qu’il ne peut être que dans le déni au meilleur des cas ou pire dans la manipulation.
Cette société civile hors sol avec une capacité de créer souvent des problèmes artificiels dont elle détiendrait seule la solution commence à avoir une appréciation devenue illisible pour une bonne partie d’une opinion dont elle est sensée défendre les intérêts. Au nom de la défense des institutions,elle refuse des droits constitutionnellement consacrés à une frange politique légalement dépositaire d’une légitimité sortie des urnes.
Loin de moi toute volonté de vouer aux gémonies la société civile. Elle a été essentielle dans les conquêtes démocratiques charnières et mieux,dans les contrées oubliées par les arbitrages de nos politiques publiques,elle s’est substituée à l’Etat central pour résoudre des questions majeures liées à l’éducation,à la santé ou à l’accès à l’eau potable. Le mérite des ONG est indéniable dans la marche du pays.
Seulement là,il faut plutôt parler d’ING (Individus Non Gouvernemetaux) dont le terrain de prédilection reste la politique et les mœurs. Ils semblent investis d’un bon droit qui prime sur le suffrage universel et qui serait assimilable même à une procuration notariée signée par le peuple de manière unanime.
Leur créneau est devenu un terreau pour assurer une présence dans l’espace public tout en garantissant des moyens de subsistance.
Et si l’Etat et ceux qui l’incarnent refusent de jouer leur jeu en ouvrant les vannes ou en signant des décrets de nominations,bonjour les dégâts.
Quand on n’a que la médiation dans les rayons de son commerce,l’absence de conflit est source de mévente et de marasme.
Le véritable problème c’est que ces gens n’ont pas assez bien appréhendé les dynamiques qui fondent la logique du combat de Pastef.
Ils se font une vision des choses avec des loupes d’une époque désuette en net déphasage avec le rapport de cette nouvelle classe politique à l’exercice du pouvoir qui est très différent de celui de ses devancières.
Ce pays a muté et sa courbe démographique (75% de moins de 35 ans) n’est pas bien prise en compte dans certaines postures et grilles d’analyses.
Seuls ceux qui sauront décoder les signaux de cette jeunesse qui exige une meilleure gouvernance basée sur l’intérêt général survivront.
Nous sommes en plein dans cette assertion gramscienne:”le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres”.
Sarakhe Ndiaye






























