Une vive tension a éclaté mercredi 30 septembre à l’Assemblée nationale entre des députés de l’opposition et de la majorité. L’incident, survenu dans les couloirs de l’Hémicycle, oppose principalement Abdou Mbow, député de Takku Wallu Sénégal, à Ousmane Fall, membre du groupe parlementaire Pastef. Les deux camps livrent des versions différentes des faits et annoncent des démarches judiciaires.
La journée parlementaire de ce mercredi a été marquée par un incident qui pourrait connaître des prolongements judiciaires. Alors que les députés examinaient notamment la proposition de loi relative à la santé en milieu carcéral, une altercation aurait éclaté dans les couloirs de l’Assemblée nationale entre Abdou Mbow et Ousmane Fall.
Dans un communiqué, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, dirigé par Me Aïssata Tall Sall, affirme qu’Abdou Mbow, accompagné du député Thierno Alassane Sall, a été pris à partie et insulté par Ousmane Fall.
Le groupe d’opposition dénonce ce qu’il qualifie de « violence verbale » et de violation du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Takku Wallu condamne fermement l’incident et annonce qu’Abdou Mbow a décidé de mandater ses avocats afin de déposer une plainte contre le député de Pastef.
L’APR apporte son soutien à Abdou Mbow et Thierno Alassane Sall
L’Alliance pour la République (APR) a également réagi à l’incident. Le parti soutient la version avancée par Takku Wallu et affirme que ses responsables ont été victimes d’injures et de menaces.
Selon l’APR, Abdou Mbow et Thierno Alassane Sall auraient été pris à partie en présence des éléments chargés de la sécurité de l’Assemblée nationale.
Le parti demande que toute la lumière soit faite sur les faits et indique se réserver la possibilité d’engager des poursuites judiciaires.
Pastef rejette les accusations
Le groupe parlementaire Pastef livre cependant une tout autre lecture de l’incident.
Dans sa réaction, la majorité parlementaire affirme que les événements doivent être replacés dans le contexte des débats qui se déroulaient dans l’Hémicycle. Selon Pastef, Abdou Mbow aurait adopté une attitude virulente au cours de la séance et aurait été rappelé à l’ordre à plusieurs reprises par le président de séance.
Le groupe majoritaire soutient qu’après avoir quitté la salle, Abdou Mbow aurait poursuivi les échanges dans les couloirs, donnant lieu à une altercation avec Ousmane Fall.
Pastef réfute donc l’accusation selon laquelle Ousmane Fall aurait été à l’origine de l’incident et affirme que plusieurs députés sont intervenus pour éviter que la situation ne dégénère.
Ousmane Fall envisage également une plainte
L’affaire pourrait désormais prendre une tournure judiciaire.
Selon Pastef, Ousmane Fall a lui aussi engagé des démarches auprès d’un avocat en vue d’une plainte. Le député entend notamment répondre à des faits que son camp présente comme des menaces, injures publiques et diffamation.
Les deux protagonistes pourraient ainsi se retrouver devant les juridictions, chacun contestant la version présentée par l’autre camp.
Un climat déjà tendu à l’Assemblée
Cet incident intervient dans un contexte de débats particulièrement animés autour de la proposition de loi portant sur la santé en milieu carcéral.
Au cours de la séance, Abdou Mbow et Thierno Alassane Sall avaient notamment soulevé des questions préalables concernant l’examen du texte. Ces demandes ont finalement été rejetées par l’Assemblée nationale.
La tension née au cours des débats aurait ensuite trouvé un prolongement dans les couloirs de l’institution.
Deux versions contradictoires
À ce stade, les versions des deux camps restent diamétralement opposées. Takku Wallu et l’APR accusent Ousmane Fall d’avoir proféré des insultes et des menaces contre Abdou Mbow et Thierno Alassane Sall. Pastef affirme pour sa part qu’Abdou Mbow aurait été à l’origine de l’escalade et aurait poursuivi la confrontation dans les couloirs.
En l’absence d’éléments permettant d’établir publiquement une version définitive des faits, les accusations doivent être considérées comme celles des différents protagonistes.
Avec les plaintes annoncées de part et d’autre, l’incident de l’Assemblée nationale pourrait désormais dépasser le cadre politique et parlementaire pour être porté devant la justice.























