La course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies a connu une nouvelle étape mardi 29 septembre avec le quatrième « straw poll » organisé par le Conseil de sécurité. Le scrutin informel, tenu à huis clos, confirme la position de Rebeca Grynspan, tout en maintenant la candidature de Macky Sall dans la course.
Selon les informations recueillies auprès de plusieurs sources diplomatiques, l’ancienne vice-présidente du Costa Rica a obtenu 10 voix « encourage », trois « discourage » et deux « no opinion ». La Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett et l’Argentin Rafael Grossi ont chacun obtenu huit voix favorables.
Macky Sall, candidat du Sénégal, recueille pour sa part cinq voix « encourage ». Il se retrouve au même niveau que l’Ougandais Olara Otunnu. Les résultats détaillés concernant les votes défavorables et les « no opinion » de certains candidats n’ont pas été officiellement publiés, le scrutin étant secret.
Macky Sall reste dans la course
Le résultat constitue un nouvel indicateur de la position de l’ancien président sénégalais dans le processus. Avec cinq voix favorables, Macky Sall reste cependant loin du niveau de soutien nécessaire pour qu’un candidat puisse être recommandé par le Conseil de sécurité dans le cadre d’un vote formel.
Il faut toutefois distinguer le « straw poll » du vote officiel. Les consultations informelles servent essentiellement à mesurer l’évolution des soutiens et à permettre aux membres du Conseil de sécurité d’identifier progressivement un candidat susceptible de réunir un consensus.
Les résultats ne permettent pas non plus de connaître la position individuelle des cinq membres permanents — États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni. C’est un élément particulièrement important, puisque chacun de ces cinq pays dispose d’un droit de veto.
Une candidate en tête, mais aucun choix définitif
Le quatrième vote place Rebeca Grynspan en tête avec 10 voix favorables. Elle a également réduit le nombre de votes « discourage » par rapport au précédent scrutin.
Cette progression ne signifie cependant pas que sa candidature est définitivement acquise. Reuters rappelle que le Conseil de sécurité doit encore parvenir à un accord, notamment entre ses cinq membres permanents, avant de pouvoir adopter une recommandation officielle.
L’histoire récente montre d’ailleurs que le processus peut nécessiter plusieurs tours. En 2016, six « straw polls » avaient été nécessaires avant que le Conseil de sécurité ne se mette d’accord sur la candidature d’António Guterres.
Ce qui reste dans le processus
Le quatrième vote ne constitue donc pas la fin du processus. Plusieurs étapes restent à franchir.
Le Conseil de sécurité devrait organiser de nouveaux scrutins informels dans les prochaines semaines. Le prochain pourrait avoir lieu en octobre, alors que la présidence tournante du Conseil passera à la Grèce.
Une étape importante sera ensuite le passage éventuel aux bulletins de couleur. Ce mécanisme permet de distinguer les votes des cinq membres permanents de ceux des dix membres élus. Il doit permettre de savoir plus clairement si un candidat fait face à l’opposition d’un membre permanent.
Lorsque les discussions auront suffisamment progressé, le Conseil de sécurité devra passer du processus informel à une décision formelle. Pour être recommandé, un candidat doit obtenir au moins neuf voix favorables au Conseil de sécurité et ne pas être bloqué par un vote négatif d’un membre permanent.
La recommandation sera ensuite transmise à l’Assemblée générale des Nations unies. C’est cette dernière qui procède officiellement à la nomination du secrétaire général, conformément à l’article 97 de la Charte des Nations unies.
Une dernière phase qui sera décisive
Pour Macky Sall, les prochaines semaines seront donc déterminantes. Son score de cinq voix favorables montre qu’il dispose toujours d’un soutien au sein du Conseil de sécurité, mais il devra augmenter ce soutien et surtout démontrer qu’il peut s’inscrire dans une formule susceptible de réunir les membres permanents.
Le caractère secret des « straw polls » empêche toutefois de connaître précisément l’identité des pays qui soutiennent ou rejettent chaque candidature. À ce stade, il est donc impossible de déterminer publiquement quelle position chacun des cinq membres permanents a adoptée à l’égard de Macky Sall.
La candidature sénégalaise reste ainsi engagée dans un processus qui n’est pas encore arrivé à son terme. Après quatre consultations, aucune nomination officielle n’a été décidée. Les prochains scrutins, les négociations diplomatiques et surtout l’éventuel passage aux bulletins de couleur permettront de mieux mesurer la capacité de chaque candidat à réunir le consensus nécessaire.
António Guterres doit quitter ses fonctions le 31 décembre 2026. Le futur secrétaire général prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, à l’issue de la recommandation du Conseil de sécurité et de la nomination par l’Assemblée générale.




























