Face aux députés lors de sa Déclaration de politique générale (DPG), le Premier ministre Alhamadou Alhaminou Lo a dressé un état des lieux préoccupant des finances publiques sénégalaises. Il a notamment évoqué le poids de la dette, les arriérés dus aux entreprises et la perspective d’un passage devant le Conseil d’administration du FMI au dernier trimestre 2026.
Le gouvernement sénégalais entend adapter la gestion de la dette aux capacités réelles du pays. Dans son intervention devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Alhamadou Alhaminou Lo a tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas, selon lui, d’une restructuration de la dette, mais d’un « reprofilage ».
« Ce n’est pas une restructuration, c’est du reprofilage, de sorte que cela soit compatible avec nos besoins de financement et avec un service de la dette adapté à nos capacités réelles », a-t-il déclaré.
Un passage devant le FMI prévu au dernier trimestre 2026
Le chef du gouvernement a également annoncé que le Sénégal devrait franchir une nouvelle étape dans ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI).
Selon lui, le gouvernement est « certain » que le pays passera devant le Conseil d’administration du FMI au dernier trimestre de 2026 dans le cadre du programme avec l’institution financière internationale.
Cette perspective intervient dans un contexte marqué par d’importantes contraintes financières et budgétaires.
1 956 milliards FCFA d’arriérés
Alhamadou Alhaminou Lo a également révélé l’ampleur des arriérés intérieurs. 1 956 milliards de francs CFA seraient dus aux entreprises sénégalaises et étrangères.
Pour faire face à cette situation, le gouvernement entend donner la priorité au règlement des dossiers considérés comme réguliers. Le Premier ministre a indiqué qu’environ 2 400 dossiers, soit près de la moitié, devraient être réglés « le plus rapidement possible ».
« Nous sommes une petite économie ouverte »
Le Premier ministre a aussi insisté sur la faiblesse de l’épargne nationale par rapport aux besoins d’investissement. Selon les chiffres avancés lors de la DPG, l’épargne représente 24 % de la richesse nationale, tandis que les investissements atteignent 31 %.
Une situation qui contraint le Sénégal à rechercher des ressources supplémentaires à l’extérieur.
« Nous sommes une petite économie ouverte », a expliqué le Premier ministre, mettant en garde contre le risque de perpétuer un cycle consistant à contracter de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes.
Le bilan contrasté du plan « Jubbanti Koom »
Alhamadou Alhaminou Lo est également revenu sur le Plan de Redressement économique et social « Jubbanti Koom », présenté avec une ambition de 6 166 milliards de francs CFA sur trois ans.
Mais le Premier ministre reconnaît que les résultats attendus n’ont pas été atteints, notamment en matière de mobilisation des recettes fiscales. Sur un objectif fixé à 303 milliards de francs CFA, seulement 173 milliards auraient été mobilisés.
Pas d’austérité « comme dans les années 1980 »
Malgré ce tableau financier difficile, le chef du gouvernement assure que les intérêts des Sénégalais ne seront pas sacrifiés.
« Il n’y aura pas d’ajustement des dépenses comme dans les années 1980 », a-t-il affirmé, précisant que les mesures envisagées s’inscriront dans le programme présenté par le président Bassirou Diomaye Faye.
La DPG d’Alhamadou Alhaminou Lo place ainsi la question de la dette, du financement de l’économie et des relations avec le FMI au cœur des prochains mois, avec un rendez-vous particulièrement attendu au dernier trimestre 2026.



























