Pouponnières au Sénégal : les propos de Ndella Madior Diouf relancent le débat sur le cadre juridique

diatiger
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Dans une déclaration transmise depuis sa cellule au camp pénal, Ndella Madior Diouf, fondatrice de la pouponnière Keur Yeurmeundé, affirme que jusqu’à décembre 2023, aucune structure similaire au Sénégal ne disposait d’un agrément légalement établi. Ses propos, relayés par son entourage, remettent en lumière un débat ancien autour de la réglementation des établissements accueillant des nourrissons en situation de détresse.

Un cadre juridique longtemps contesté

Selon Ndella Madior Diouf, les pouponnières sénégalaises ont longtemps fonctionné sans agrément formel, faute de texte juridique encadrant précisément leur statut. Elle affirme que seules quelques structures bénéficiaient d’une reconnaissance sous forme d’association, délivrée par le ministère de l’Intérieur — un statut que Keur Yeurmeundé, dit-elle, détient depuis 1995.

Ces déclarations interviennent alors que la question du contrôle, de l’encadrement et du financement des structures de prise en charge de bébés abandonnés ou en situation d’urgence demeure au centre des préoccupations.

Un décret adopté en décembre 2023

L’ancienne cheffe de pouponnière rappelle également que l’ex-président Macky Sall avait reconnu l’existence d’un vide juridique et signé, en décembre 2023, un décret encadrant officiellement les pouponnières au Sénégal. Ce texte est présenté comme une avancée permettant de clarifier les conditions d’agrément, de fonctionnement et de supervision administrative de ces établissements.

Un soutien ponctuel de l’État avant l’adoption du cadre légal

Ndella Madior Diouf évoque par ailleurs une audience tenue en novembre 2023 avec l’ancien Premier ministre Amadou Ba, au cours de laquelle la Primature aurait décidé d’accompagner financièrement les pouponnières.
Selon ses propos, cette décision aurait débouché sur la mise en place d’une enveloppe annuelle, dont un chèque de 240 millions de francs CFA aurait été destiné en décembre 2024 aux structures accueillant des bébés — notamment lors de la prise en charge des 60 enfants récupérés par le ministère de la Femme le 22 décembre 2023.

Elle affirme également que des représentants du ministère de la Santé se seraient rendus à Keur Yeurmeundé, promettant une assistance qui, selon elle, n’a jamais été concrétisée.

Une affaire qui ravive les débats sur la protection de l’enfance

Les déclarations de Ndella Madior Diouf interviennent dans un contexte judiciaire sensible et continuent d’alimenter les discussions sur la régulation des structures d’accueil pour nourrissons. Elles soulignent, selon ses défenseurs, la nécessité d’un encadrement strict et d’un financement durable.
Pour d’autres observateurs, elles illustrent surtout la complexité d’un secteur longtemps marqué par des zones d’ombre administratives et un manque de supervision.

L’entrée en vigueur du décret de décembre 2023 ouvre désormais une nouvelle phase, visant à structurer davantage ce domaine essentiel de la protection de l’enfance.

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