XALIMANEWS: Le Sénégal a franchi un cap décisif en reprenant le contrôle total du bloc gazier Yakaar-Teranga, jusque-là exploité par la compagnie Kosmos. Pour le directeur général de Petrosen Holding, Alioune Guèye, cette décision dépasse largement un simple réaménagement technique. Elle s’inscrit dans une vision stratégique visant à garantir pleinement la souveraineté énergétique du pays.
Les réserves du champ sont estimées entre 25 et 32 Tcf, un volume jugé exceptionnel. À titre illustratif, un seul Tcf pourrait assurer au Sénégal près de 23 années d’autonomie énergétique au rythme actuel de consommation. Face à ce potentiel, les autorités ont fait un choix clair : orienter prioritairement l’exploitation du gaz vers le marché national. L’objectif est d’alimenter les centrales électriques, de soutenir les industries locales et d’améliorer l’accès à l’énergie pour les ménages, plutôt que de privilégier l’exportation.
Cette orientation pourrait avoir des effets concrets et rapides sur le quotidien des Sénégalais. Selon Alioune Guèye, l’exploitation de ce gaz permettrait de réduire de moitié les coûts de production de l’électricité. Une telle baisse se répercuterait directement sur les factures des consommateurs, tout en renforçant la compétitivité des entreprises. En diminuant significativement le coût de l’énergie, le pays pourrait accélérer son industrialisation et favoriser la création d’emplois.
Sur le plan du financement, Petrosen entend rompre avec les modèles classiques dominés par les grandes compagnies internationales. Pour la première phase du projet, estimée à 1 800 milliards de FCFA, l’entreprise publique privilégie une approche plus autonome. Alioune Guèye cite notamment le projet GTA comme illustration des limites des partenariats traditionnels, où une part importante des revenus revient aux majors, au détriment des États hôtes.
Dans cette dynamique, il plaide pour un modèle endogène inspiré d’expériences internationales réussies, notamment en Norvège, en Arabie saoudite ou encore en Éthiopie. L’objectif est de mobiliser les ressources internes, notamment l’épargne nationale et la contribution de la diaspora, à travers des mécanismes d’investissement à long terme conformes aux principes de la finance islamique.
Le choix d’opérer sans partenaire majoritaire s’inscrit dans cette volonté d’indépendance. Pour Petrosen, il s’agit de préserver les intérêts nationaux face à des logiques souvent orientées vers la rentabilité rapide et l’exportation. En conservant la maîtrise totale du projet, l’État entend maximiser les retombées économiques au profit du pays.
Optimiste, Alioune Guèye se projette déjà vers l’avenir. Il se dit convaincu que la réussite de ce projet marquera un tournant décisif, plaçant le Sénégal sur une trajectoire de développement durable difficile à freiner.






























