C’est une séance qui pourrait laisser des traces. Demain, Ousmane Sonko fera face à des députés aussi impatients qu’intrigués, dans un climat politique marqué par des tiraillements au sein même de la majorité. Le Premier ministre devra expliquer, ou éviter d’expliquer, son déplacement à Abou Dhabi, effectué dans une totale discrétion au point de n’être jamais évoqué en Conseil des ministres.
Les députés de Pastéf, partagés entre fidélité au leader historique et respect de la ligne du président Diomaye Faye, n’arrivent plus à masquer leurs divergences. Pour certains, défendre Sonko coûte que coûte relève du réflexe politique. Pour d’autres, le silence entourant son voyage international pose un réel problème de transparence.
Autre point sensible : le cas Abdourahmane Diouf. Contesté dans son ministère, il pourrait être poussé à s’expliquer publiquement si le Premier ministre lui en donne l’opportunité. Rien n’indique pour l’instant que Sonko souhaite ouvrir ce front.
Enfin, une question flotte dans les couloirs de l’hémicycle : les députés oseront-ils voter une motion de soutien au gouvernement ? Si l’idée circule, son issue demeure incertaine, tant les alliances internes se tendent et se recomposent au gré des loyautés personnelles.
Une chose est sûre : la séance de demain dira beaucoup du rapport de force réel au sein de la majorité.


























