Confronté à une situation financière jugée alarmante par la Cour des comptes, le gouvernement sénégalais a dévoilé, le 1er août 2025, son Plan de redressement économique et social baptisé « Jubbanti Koom » (Redresser la Nation). Ce programme s’étend sur la période 2025-2028 et vise à remettre l’économie sur les rails tout en répondant aux attentes sociales les plus pressantes.
Une situation critique héritée
Le constat est sans appel. L’audit des finances publiques sur la période allant de 2019 à mars 2024 a mis en lumière un déficit budgétaire abyssal et une dette publique jugée insoutenable. Ce diagnostic, établi par la Cour des comptes, révèle des pratiques de gestion peu orthodoxes et un recours excessif à l’endettement, compromettant la marge de manœuvre budgétaire de l’État.
C’est dans ce contexte que le Premier ministre Ousmane Sonko et son gouvernement ont élaboré un plan visant à assainir les finances publiques, restructurer l’économie et réaffirmer les priorités sociales du pays.
Une stratégie endogène et pragmatique
Le plan « Jubbanti Koom » ne repose pas principalement sur les financements extérieurs, mais ambitionne au contraire de s’appuyer sur des ressources domestiques, à travers une meilleure mobilisation fiscale, une lutte rigoureuse contre le gaspillage, et une optimisation des fonds publics.
Parmi les leviers annoncés :
- Mobilisation des ressources internes ;
- Maîtrise de la dette publique ;
- Discipline budgétaire renforcée ;
- Réduction du train de vie de l’État.
Ce choix d’un financement essentiellement endogène marque une rupture avec les précédentes politiques économiques largement dépendantes des institutions financières internationales, à commencer par le FMI, critiqué pour la lenteur de ses décaissements et son rôle dans la situation actuelle.
Relance productive et justice sociale
Au-delà de la rigueur budgétaire, le gouvernement entend orienter les investissements vers des secteurs à fort impact : l’agriculture, l’industrie locale, les infrastructures stratégiques. L’ambition est claire : stimuler une croissance endogène, inclusive et résiliente.
Parallèlement, le plan prévoit de renforcer les filets sociaux, de protéger le pouvoir d’achat des ménages, et de garantir l’accès aux services sociaux de base, comme la santé et l’éducation. Autant d’objectifs destinés à réconcilier l’État avec ses citoyens après des années d’inégalités croissantes et de précarisation des classes moyennes et populaires.
Une première brique de l’Agenda « Sénégal 2050 »
« Jubbanti Koom » s’inscrit dans la première phase de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, feuille de route stratégique du nouveau régime. Le plan se veut donc structurant, autant sur le court terme que sur le long terme, dans l’optique d’un repositionnement économique et d’une reconquête de la souveraineté financière du pays.






























