Une vive altercation a éclaté ce matin à Kaolack entre le Préfet de la région, Latyr Ndiaye, et le Maire de la ville, Serigne Mboup, dans des circonstances qui ont choqué plus d’un. Au cœur de la polémique : un mot, un geste, une attitude. Le mot “Dégage” adressé par le Préfet au Maire dans une école publique située à Touba Ndorong, à proximité du domicile du maire.
L’incident s’est déroulé alors que Serigne Mboup participait à une activité dans une école, dans le cadre d’un programme structuré par la municipalité. Selon les témoignages recueillis sur place, le Préfet Latyr Ndiaye aurait intimé au Maire de quitter les lieux en utilisant l’expression abrupte « Dégage ! », une formule qui a immédiatement suscité indignation, colère et incompréhension.
« Il n’a pas le droit de me dire “dégage”… Je suis le Maire de cette ville, élu par les citoyens ! » aurait lancé Serigne Mboup, visiblement outré.
Une crise de respect au sommet de l’État local
Cette scène publique, devenue virale sous le hashtag #TheuyYallah, révèle bien plus qu’un simple malentendu entre deux autorités. Elle met en lumière une crise plus profonde au sein de notre société : celle du respect, de la mesure, et du rapport au pouvoir. Car comment expliquer qu’un représentant de l’État puisse s’adresser de cette manière à un élu local, dans un cadre institutionnel ?
Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer l’arrogance de certains agents de l’administration dès qu’ils détiennent une portion d’autorité. Des citoyens, mais aussi des observateurs de la vie politique, voient dans cet incident une preuve supplémentaire que notre société souffre d’un mal structurel : le manque de respect institutionnel, l’abus d’autorité, et l’érosion du dialogue entre pouvoirs.
Une société malade de ses comportements
Dans une publication largement partagée, un citoyen résume le sentiment général :
« L’attitude du Préfet peut nous émouvoir, mais elle révèle surtout à quel point notre société est malade de nos comportements. Que ce soit dans l’administration, les hôpitaux, les écoles ou les commissariats, le respect n’est plus la norme chez ceux qui détiennent un brin de pouvoir. »
Ce constat amer met en évidence la nécessité urgente de soigner les rapports entre représentants de l’État et citoyens, mais aussi entre institutions. Le respect n’est pas un privilège, mais un fondement de la démocratie.
L’Éducation, levier de transformation
Pour éviter que de telles situations ne se reproduisent, plusieurs appellent à un sursaut collectif. L’Éducation, au sens large, est pointée comme la solution clé. Pas seulement l’instruction scolaire, mais l’éducation civique, morale et institutionnelle. Celle qui enseigne le respect, l’humilité, le sens du devoir, et surtout la retenue dans l’exercice de toute autorité publique.
Ce qui s’est passé à Kaolack ce 3 août dépasse largement la simple altercation entre deux figures locales. C’est un révélateur d’un malaise plus profond. Un signe que les lignes de respect, de civilité et de collaboration sont en train de se brouiller, même au plus haut niveau.
Reste à espérer que cet incident servira de leçon. Non pas pour creuser davantage les fractures, mais pour amorcer un véritable débat national sur le civisme, la responsabilité et la place du respect dans notre vie publique..





























