Kaolack : le maire Serigne Mboup dénonce une opération de reboisement parallèle et “illégale” dans sa commune

Xalima
By
Xalima
4 Min Read

Ce dimanche matin, un incident aux allures de bras de fer institutionnel s’est déroulé à Kaolack, dans le quartier de Touba Ndorong. En toile de fond : une opération de plantation d’arbres organisée par une association privée étrangère, sans l’aval de la Mairie, et en présence du Préfet. Une démarche jugée “illégale” et “inacceptable” par le maire Serigne Mboup, qui a réagi par une note de protestation publique particulièrement ferme.

“Atteinte directe à l’autorité municipale”

Dans son communiqué publié ce 3 août, l’édile de Kaolack n’a pas mâché ses mots. Il dénonce une “tentative manifeste de passage en force” orchestrée par une organisation privée “douteuse”, selon ses termes, qui aurait lancé une action symbolique de plantation de 30 arbres, en parallèle d’un ambitieux programme municipal de reboisement coordonné avec les Eaux et Forêts.

Le maire évoque un programme structuré de grande envergure : 20 000 mangroves plantées sur le littoral, et la distribution de 50 000 arbres fruitiers à travers les quartiers de la ville. “Chaque foyer de Kaolack est invité à planter un arbre”, souligne-t-il, dans une démarche qu’il veut “civique, durable et concertée”.

Mais sur le terrain, la surprise a été de taille : alors qu’il se rendait sur les lieux, accompagné de la déléguée de quartier et d’un notable âgé de 90 ans, Serigne Mboup a constaté la présence des forces de l’ordre et du Préfet, mobilisés pour encadrer une initiative à laquelle la Mairie s’était formellement opposée.

“Une structure sans cadre légal ni transparence”

Ce n’est pas la première fois que cette association entre en conflit avec les services municipaux. Selon Serigne Mboup, l’organisation en question avait déjà tenté d’obtenir un feu vert pour une campagne similaire, tout en levant des fonds à l’étranger au nom de Kaolack, sans autorisation officielle. Un comportement jugé “opaque”, et que la mairie avait déjà rejeté “pour absence de transparence et de cadre légal”.

Le maire pointe aussi du doigt le rôle du Préfet, à qui la Mairie affirme avoir demandé expressément de ne pas valider l’opération. Une demande restée lettre morte, selon lui, et qui a ouvert la voie à un affrontement de compétences.

Réaffirmation des prérogatives municipales

Dans sa note, Serigne Mboup s’appuie sur plusieurs dispositions du Code général des collectivités territoriales, rappelant que le Maire est le gestionnaire du domaine public communal, qu’il est responsable de la police municipale, et qu’il peut prendre toute mesure urgente en cas de trouble.

Il cite également l’article 102 de la Constitution sénégalaise, qui garantit l’autonomie des collectivités territoriales, ainsi que l’article 254 du Code pénal, punissant toute entrave à l’autorité publique.

Face à ce qu’il considère comme une “confusion des rôles”, le Maire lance un avertissement clair :

“Aucune plantation d’arbre dans un espace public de Kaolack ne peut être réalisée sans autorisation de la Mairie.”

Et de conclure :

“La Commune de Kaolack ne tolérera jamais l’instrumentalisation de ses quartiers à des fins opaques, qu’elles soient politiques, financières ou étrangères à la volonté des citoyens.”

Tensions institutionnelles en toile de fond

Au-delà de l’incident local, cette affaire révèle des tensions latentes entre certaines autorités administratives déconcentrées de l’État et les élus locaux, sur fond de recomposition politique nationale. Dans ce climat, le maire Serigne Mboup semble vouloir poser des balises claires, face à toute tentative de marginalisation de l’autorité municipale.

À Kaolack, où les enjeux environnementaux, politiques et communautaires se croisent souvent, l’incident du 3 août pourrait bien laisser des traces.

Share This Article
Leave a Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *