Visite présidentielle, enjeux religieux et tensions politiques : le Sénégal à la croisée des chemins

diatiger
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Ce week-end, à la veille du Gamou prévu ce jeudi, les plus hautes autorités de l’État sénégalais ont entamé une série de visites auprès des grandes familles religieuses du pays. Le président Bassirou Diomaye Faye s’est rendu à Tivaouane, où il a été reçu par le khalife général des tidjanes, Serigne Babacar Sy Mansour. Cette visite, chargée de symbolisme, a été marquée par une annonce forte : la création, dès 2026, d’un budget national dédié au culte, une première dans l’histoire du Sénégal.

Cette initiative a été saluée par les guides religieux, qui y voient une marque de respect envers les confréries, garantes de la stabilité spirituelle et sociale du pays. Le khalife a cependant tenu à rappeler au président ses responsabilités, déclarant : « Vous êtes le président, donc le seul comptable du bilan ». Il l’a également exhorté à rester fidèle à la voie du « Jub, Jubal, Jubanti », synonyme de justice, de paix et de redressement national.

En parallèle, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu à Médina Baye (Kaolack), tandis que le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, s’est déplacé à Thiénaba. À Médina Baye, Sonko n’a pas manqué de critiquer une nouvelle fois le régime de son prédécesseur Macky Sall. À Thiénaba, le khalife a plaidé pour la libération des détenus de l’ancien régime, évoquant même l’exécution controversée de Moustapha Lô en 1967, en appelant à la miséricorde et au pardon.

Pendant ce temps, les tensions politiques refont surface, notamment autour des violences enregistrées entre 2021 et 2024. Le journal Walfquotidien rapporte que le président Diomaye Faye fait désormais face à une forte pression de ses partisans pour que toute la lumière soit faite sur ces événements. « L’arroseur arrosé », titre le journal, rappelant que c’est lui-même qui avait appelé les citoyens à mettre la pression sur la justice en avril dernier.

Enfin, sur le plan partisan, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS), longtemps absent du débat politique, revient en force. Lors d’une assemblée générale, ses cadres ont vivement critiqué la gouvernance actuelle, évoquant la gestion des finances publiques, les inondations et la restriction des libertés.

Entre dialogue religieux, relance politique et pression populaire, le nouveau pouvoir sénégalais doit désormais concilier foi, justice et gouvernance dans un climat national chargé d’attentes.

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