XALIMANEWS: À la tombée de la nuit, Touba change de respiration. La ville sainte se pare de recueillement, d’attente et de ferveur, comme si chaque ruelle, chaque concession, se préparait à accueillir un hôte invisible mais familier : la mémoire vivante de Serigne Fallou Mbacké. Ce vendredi 16 janvier 2026, la cité fondée par Cheikh Ahmadou Bamba vibrera au rythme du Kazu Rajab, l’un des rendez-vous spirituels les plus profonds du calendrier mouride.
Plus qu’une commémoration, le Kazu Rajab est une nuit de convergence spirituelle. Il unit deux héritages sacrés : celui du voyage nocturne et de l’ascension céleste du Prophète Mouhamed (PSL) et celui de la naissance de Serigne Fallou Mbacké, deuxième Khalife général des mourides, né en 1888. Pour les disciples, cette coïncidence n’est pas fortuite. Elle confère à l’événement une densité spirituelle particulière, une profondeur qui traverse le temps.
Serigne Fallou Mbacké demeure, dans la mémoire collective mouride, une figure de rigueur, de piété silencieuse et de fidélité absolue à l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba. Khalife bâtisseur et gardien de l’orthodoxie mouride, il a su inscrire l’héritage de son père spirituel dans la durée, en faisant de Touba un espace de discipline religieuse, de savoir et de cohésion.
Durant la nuit du Kazu Rajab, Touba devient un immense lieu de prière à ciel ouvert. Les versets du Coran résonnent, les xassaïdes de Cheikh Ahmadou Bamba sont récités avec ferveur, et les fidèles, venus de toutes les régions du Sénégal et de la diaspora, s’abandonnent à la méditation. Chacun vient y chercher une lumière, une bénédiction, un rappel.
La ferveur débute dès la veille, le jeudi 15 janvier, avec le magal dédié à Serigne Bara Mbacké, fils de Serigne Fallou. Une continuité spirituelle qui inscrit ces journées dans une atmosphère de recueillement prolongé, où les lignées, les enseignements et les valeurs se répondent.
Consciente de l’ampleur du rassemblement, l’organisation s’est voulue à la hauteur de l’événement. Réunis en Comité régional de développement, les acteurs étatiques, religieux et communautaires ont préparé l’accueil des pèlerins : sécurisation de l’approvisionnement en eau avec la mise en service du forage de Ndindy, renforcement du dispositif sanitaire, multiplication des postes médicaux avancés, déploiement d’ambulances et mobilisation des volontaires de la Croix-Rouge. Car à Touba, la spiritualité va de pair avec la responsabilité collective.
Les célébrations culmineront le samedi 17 janvier 2026, lors de la cérémonie officielle de clôture, marquant la fin du Kazu Rajab. Mais au-delà des dates et des rituels, ce moment restera pour beaucoup une expérience intérieure, une rencontre entre foi, mémoire et héritage.
À travers le Kazu Rajab, Touba réaffirme sa vocation : celle d’un phare spirituel, d’un lieu où le passé éclaire le présent. Et au cœur de cette nuit bénie, la figure de Serigne Fallou Mbacké continue de guider les pas, rappelant que la fidélité, la rigueur et la foi demeurent les piliers du mouridisme.
PIDvito






























