Universités : la fronde étudiante s’étend, 48 heures de paralysie à Thiès et Saint-Louis

Lesenegalaislibre
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XALIMANEWS: La contestation contre la réforme des bourses universitaires continue de gagner du terrain dans les établissements publics. À l’université Iba-Der-Thiam (UIDT) de Thiès comme à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, les organisations étudiantes ont décrété 48 heures de cessation de toute activité pédagogique à partir de ce mercredi, marquant une nouvelle étape dans la montée des tensions entre les étudiants et les autorités.

À Thiès, la Conférence des amicales d’étudiants (CAE) durcit le ton. En plus de l’arrêt des cours, elle annonce l’organisation d’une « Journée sans ticket » (JST) prévue jeudi 26 février. Les étudiants exigent le paiement intégral des rappels de bourses, le rétablissement des anciens critères d’attribution en attendant une réforme concertée, ainsi que la réintégration des structures syndicales jugées légitimes par les étudiants.

À Saint-Louis, la Coordination des étudiants (CESL) a également lancé un mot d’ordre de grève de 48 heures, qu’elle précise non renouvelable. Elle réclame toutefois le paiement des rappels dus aux ayants droit, le maintien des acquis sociaux et une révision concertée du décret n°2014-963 relatif aux allocations d’études.

Ces mouvements s’inscrivent dans un climat national de fortes tensions dans les universités publiques. La situation a atteint un point critique après la mort, le 9 février, d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine à l’UCAD, lors d’une intervention des forces de l’ordre pour disperser une manifestation contre la réforme des bourses.

À Dakar, la pression reste également forte. Le Collectif des amicales de l’UCAD a annoncé un point de presse le 2 mars pour dénoncer la décision du Centre des œuvres universitaires (COUD) de rouvrir les campus sociaux tout en maintenant fermés les pavillons B et F. Le COUD a confirmé une réouverture progressive des campus à partir de jeudi à 9 heures, à l’exception de ces deux pavillons.

Face à la grogne, le gouvernement maintient sa ligne. Devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, a assuré que l’État ne doit aucun arriéré aux étudiants. Selon lui, le problème provient du chevauchement des années universitaires qui a conduit l’État à verser jusqu’à seize mois de bourses au lieu de douze, portant les dépenses à 105 milliards de francs CFA pour un budget initial de 70 milliards.

Les autorités entendent ainsi réformer le système dès 2026 afin d’aligner les paiements sur le calendrier académique, limiter les versements à douze mois, introduire davantage de critères de mérite et rationaliser les dépenses publiques.

Entre exigence de soutenabilité budgétaire et inquiétudes sociales des étudiants, le bras de fer semble désormais engagé à l’échelle nationale, faisant planer le risque d’une nouvelle perturbation durable de l’année universitaire.

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