XALIMANEWS: New York n’est jamais une scène neutre. Encore moins lorsqu’il s’agit de briguer le poste le plus stratégique du système multilatéral. En se présentant devant l’Assemblée générale des Nations unies, Macky Sall a livré bien plus qu’un discours : une projection de lui-même dans l’histoire diplomatique mondiale.
Dernier à passer dans l’exercice des « dialogues interactifs », l’ancien chef de l’État sénégalais a assumé une posture classique mais ambitieuse : restaurer la confiance dans une organisation fragilisée par des crises multiples. Paix, sécurité, droits humains, développement… le socle est connu, presque attendu. Mais dans un monde traversé par des fractures profondes, la question n’est plus tant ce qu’il faut faire, mais comment le faire autrement.
Face à lui, des profils solides : Michelle Bachelet, Rafael Grossi, ou encore Rebeca Grynspan. Des candidatures techniques, institutionnelles, parfois plus ancrées dans les rouages du système onusien. Macky Sall, lui, joue une autre carte : celle de l’expérience politique, du chef d’État ayant navigué entre crises internes, enjeux régionaux et arbitrages internationaux.
C’est là sa force… et peut-être sa limite.
Car cette candidature n’est pas un long fleuve tranquille. Elle traîne derrière elle une ambiguïté politique notable : l’absence d’un soutien clairement affirmé de son propre pays ou d’un bloc continental uni. Dans les arènes feutrées de la diplomatie, ces détails pèsent lourd. Très lourd. À cela s’ajoute une perception contrastée, entre reconnaissance internationale et critiques persistantes sur son bilan national.
Le paradoxe est donc entier : Macky Sall apparaît à la fois comme un candidat crédible sur le papier, et politiquement exposé dans les coulisses.
Mais au fond, cette audition marque surtout une bascule. Celle d’un ancien président qui tente de se réinventer en homme du consensus global. Un exercice délicat, où chaque mot est pesé, chaque silence interprété.
Le prochain Secrétaire général, appelé à succéder à Antonio Guterres le 1er janvier 2027, devra incarner plus qu’une fonction : une capacité à recoller les morceaux d’un monde fragmenté. Reste à savoir si Macky Sall peut convaincre qu’il est cet homme-là.
Dans cette course, rien n’est encore joué. Mais une chose est certaine : à New York, il ne s’agissait pas seulement de répondre à des questions. Il s’agissait de convaincre… et de se faire accepter






























