XALIMANEWS: On l’avait presque rangé dans la catégorie des anciens grands noms de la politique sénégalaise, de ceux qui ont marqué une époque sans forcément peser sur la suivante. Pourtant, à écouter les derniers signaux venus de Khalifa Sall et de son mouvement Taxawu Sénégal, l’histoire est loin d’être terminée. Un congrès est annoncé les 9 et 10 mai 2026 au Grand Théâtre de Dakar, et il agit déjà comme un rappel : Khalifa Sall n’a pas tourné la page. Mieux, il tente de la réécrire.
Dans le jeu politique sénégalais, les sorties sont rarement propres, encore moins silencieuses. Beaucoup pensaient qu’après une présidentielle décevante et une recomposition brutale de son entourage, Khalifa Sall allait doucement s’éteindre politiquement. L’âge, les départs successifs de figures importantes de son camp et la montée de nouvelles forces donnaient presque l’impression d’un cycle terminé. Mais la politique a ses obstinations, et Khalifa Sall semble appartenir à cette catégorie de dirigeants qui refusent de devenir des souvenirs.
Ce qui se dessine aujourd’hui ressemble moins à un retrait qu’à une tentative de recomposition. L’ancien maire de Dakar cherche à remettre autour de lui une partie de l’opposition dispersée. Des discussions sont évoquées avec l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), tandis que les noms de Idrissa Seck et de son parti Rewmi reviennent avec insistance. Le spectre d’une grande coalition incluant aussi le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) et même l’Alliance pour la République (APR) circule dans les milieux politiques, sans qu’aucune confirmation officielle ne vienne encore l’ancrer.
Le problème, c’est que le passé ne se répète jamais à l’identique. En 2022, Khalifa Sall évoluait dans un contexte politique très différent, marqué notamment par la forte influence de Ousmane Sonko, dont la capacité de mobilisation structurait largement l’opposition. Aujourd’hui, cette dynamique n’existe plus sous la même forme. Les alliances se sont fragilisées, les rapports de force ont changé, et plusieurs anciens proches ont quitté son camp pour rejoindre d’autres trajectoires politiques, laissant Taxawu Sénégal dans une position plus isolée.
Dès lors, la question centrale n’est pas seulement celle du retour de Khalifa Sall, mais celle de sa capacité à exister dans un paysage politique profondément transformé, dominé par de nouvelles forces comme Pastef. Peut-il encore fédérer ? Peut-il encore incarner une alternative crédible ? Ou est-il désormais engagé dans une logique de maintien plus que de conquête ?
En réalité, Khalifa Sall joue peut-être sa dernière grande carte politique. Le congrès de mai 2026 pourrait marquer soit une relance structurée de son mouvement, soit une ultime tentative de recomposition de l’opposition autour d’une figure expérimentée mais affaiblie par les réalités du temps politique. Dans tous les cas, il refuse encore de disparaître du paysage.
Et c’est peut-être là l’essentiel : en politique, certains refusent de partir, non pas parce qu’ils sont assurés de gagner, mais parce qu’ils ne veulent pas accepter que leur histoire soit déjà écrite.
PIDvito






























