XALIMANEWS: Le dialogue national voulu par le président Bassirou Diomaye Faye s’ouvre dans un climat déjà chargé de doutes, de méfiance et de fractures politiques. Prévu du 21 au 31 mai 2026, et exceptionnellement réaménagé en raison de la proximité de la Tabaski, ce rendez-vous présenté comme un cadre de concertation sur les grandes préoccupations nationales démarre avec une équation délicate : comment rassembler quand une partie importante de l’opposition refuse même de s’asseoir à la table ?
Le choix du chef de l’État de commencer les consultations par les anciens Premiers ministres ainsi que les ex-ministres des Finances et de l’Intérieur n’est pas anodin. Il traduit une volonté d’associer des figures ayant déjà exercé le pouvoir et géré des périodes sensibles de la vie nationale. L’objectif affiché est de discuter des questions économiques, sociales, sécuritaires et politiques dans une logique d’écoute et de recherche de consensus.
Mais avant même les premières discussions, le dialogue semble déjà rattrapé par les tensions partisanes. Le boycott annoncé par l’APR, formation de l’ancien président Macky Sall, celui du Front pour la défense de la démocratie (FDR), ainsi que les réserves exprimées par plusieurs acteurs politiques et de la société civile, donnent à cette initiative des airs de rendez-vous inachevé avant même son lancement.
Pour certains opposants, le problème dépasse la simple question de participation. Ils dénoncent une absence de clarté sur les objectifs réels, les termes de référence et les garanties d’application des conclusions qui pourraient sortir de ces concertations. D’autres estiment que le pouvoir doit d’abord régler certaines contradictions internes et clarifier son propre fonctionnement avant d’appeler à une union nationale autour d’un dialogue.
Cette situation place le président Diomaye Faye face à un premier grand test politique. Car au-delà des discours et des symboles, un dialogue national n’a de portée que s’il parvient à convaincre les adversaires les plus critiques. Or, lorsque les principaux pôles de contestation choisissent la chaise vide, le risque est grand de voir ces concertations perçues davantage comme un exercice institutionnel que comme un véritable moment de réconciliation politique.
Le pouvoir mise manifestement sur une ouverture progressive et sur l’implication de diverses composantes de la Nation pour redonner du souffle à l’initiative. Reste à savoir si cette stratégie suffira à briser le mur de défiance qui s’est déjà installé autour de ce dialogue avant même son véritable démarrage.
PIDvito






























