Sénégal : Macky Sall, Karim Wade et Barthélémy Dias dénoncent les « dérives » du régime et appellent à une mobilisation
Dans un communiqué de presse publié le 28 août 2026 à Paris, l’AARTU/C2D (Convergence pour la Défense des Droits) dresse un bilan très critique de la situation politique, économique et institutionnelle du Sénégal. Plusieurs responsables et formations politiques, dont Macky Sall, Karim Wade et Barthélémy Dias, figurent parmi les signataires du document.
L’AARTU/C2D s’est réunie par visioconférence le samedi 22 août 2026 afin de faire le bilan de ses activités et de définir ses perspectives pour la période 2026-2027.
À cette occasion, l’organisation dit avoir constaté et dénonce « les dérives actuelles du régime en place ». Elle met notamment en cause l’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, qu’elle accuse de « forfaiture », de détournements d’objectifs, de manipulations ainsi que de manquements répétés aux promesses électorales de Pastef et Kiray durant les 26 mois passés à la Primature.
Le dossier ASER au centre des critiques
Dans son communiqué, AARTU/C2D affirme que 5 milliards de francs CFA auraient été prélevés dans les caisses du ministère de la Famille afin de dédommager de supposées victimes, alors qu’aucun procès visant à établir les responsabilités n’aurait encore eu lieu.
L’organisation revient également sur le dossier de l’ASER, qu’elle qualifie de « scandale d’une gravité sans précédent ». Selon elle, ce dossier n’aurait pas encore livré tous ses secrets.
AARTU/C2D évoque par ailleurs l’existence de fonds politiques à hauteur de 1,7 milliard de francs CFA, dont aurait disposé un Premier ministre, tout en estimant que la périodicité de cette enveloppe reste à préciser.
L’organisation dénonce également l’utilisation présumée de fonds destinés à la Casamance pour l’achat de véhicules destinés au confort de la Primature.
Des inquiétudes sur les droits humains
Sur le terrain des libertés publiques, AARTU/C2D affirme que les droits humains n’ont pas été épargnés. Elle dénonce des situations dans lesquelles des citoyens auraient été « gratuitement accusés » puis placés en détention avant d’être blanchis ou d’être en voie de l’être par la justice.
L’organisation critique également le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Selon elle, l’institution serait devenue « un cirque », notamment en raison d’une majorité mécanique et d’un manque de sérieux dans le débat parlementaire.
Une situation sociale préoccupante
Le communiqué s’intéresse également aux difficultés auxquelles sont confrontées les populations.
AARTU/C2D évoque notamment les lourdes difficultés économiques, le chômage qu’elle qualifie de « quasi endémique » chez les jeunes ainsi que les difficultés rencontrées par les populations rurales confrontées à un hivernage déficitaire dans plusieurs régions.
L’organisation s’en prend également au parti présidentiel Kiray, dont elle juge les discours particulièrement éloignés des besoins vitaux de la population.
« La République est en danger »
Le ton monte d’un cran lorsque l’AARTU/C2D affirme que « la République est en danger » et que l’État vacille sur ses fondements.
L’organisation estime que des « mains inexpérimentées » seraient à la tête des institutions et leur reproche de compter sur le populisme pour détourner l’attention de l’opinion publique.
Elle cite notamment la décision du Conseil constitutionnel de déclarer irrecevable la proposition de loi visant à encadrer les fonds spéciaux, présentée comme une illustration de ses inquiétudes.
Macky Sall, Karim Wade et plusieurs leaders parmi les signataires
Le communiqué porte les signatures de plusieurs responsables politiques et représentants de formations et mouvements sénégalais.
Parmi les noms qui apparaissent figurent notamment Macky Sall, ancien président de la République, Karim Wade, responsable du Parti démocratique sénégalais (PDS), et Barthélémy Dias, ainsi que plusieurs autres responsables politiques.
La liste des signataires comprend notamment Idrissa Seck, Aïssata Tall Sall, Thierno Alassane Sall, Thierno Bocoum, Juge Ibrahima Dème, Ibrahima Thiam, Amadou Ba, Macky Sall, Bougane Guèye Dany, Aminata Mbengue Ndiaye, Mbaye Dione, Barthélémy Dias, Samba Sy, Talla Sylla et Karim Wade.
Plusieurs formations et mouvements sont ainsi représentés, parmi lesquels Reew Mi, Osez l’Avenir, République des Valeurs/Réewum Ngor, AGIR, ETIC, ACT, Nouvelle Responsabilité, APR, Geum Sa Bopp/Jambars, Parti Socialiste, AFP, Sénégal bi nu Bokk, PIT, Jëf-Jël/Jàmm Ak Naatangue et le PDS.
Un appel à la mobilisation
Face à ce qu’elle considère comme une situation préoccupante, AARTU/C2D lance enfin un appel solennel à l’ensemble des Sénégalais de la diaspora, à la société civile, aux mouvements et aux partis politiques afin qu’ils rejoignent son combat.
L’organisation estime que les divergences politiques doivent désormais s’effacer devant ce qu’elle considère comme la gravité des enjeux.
« Face aux dérives, au manque de transparence, d’éthique et de morale, nos divergences s’effacent devant la gravité des enjeux », conclut le communiqué.
Un appel qui intervient dans un contexte politique sénégalais marqué par de fortes tensions autour de la gouvernance, de la gestion des finances publiques et du fonctionnement des institutions.



























