XALIMANEWS_Dakar, 8 septembre 2026 – Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a déclaré, mardi, devant l’Assemblée nationale que le Sénégal était actuellement « dans l’ajustement structurel », en évoquant la situation préoccupante des finances publiques et les mesures prises par le gouvernement pour redresser l’économie.
Présentant sa Déclaration de politique générale, le chef du gouvernement a indiqué que plusieurs projets avaient été arrêtés en raison des contraintes financières auxquelles l’État est confronté.
« Nous sommes dans l’ajustement structurel […] Nous avons mis fin à énormément de projets », a-t-il déclaré devant les députés.
Ahmadou Al Aminou Lo a également insisté sur les limites du financement de l’économie par l’endettement en monnaie locale. Selon lui, la faiblesse de l’épargne nationale ne permet pas au Sénégal de financer seul l’ensemble de ses besoins en investissements.
DEPECHES
« Tout le monde réclame des infrastructures sanitaires, par exemple. Ce que nous avons comme épargne n’est pas assez suffisant pour nos investissements », a-t-il expliqué, estimant que le pays reste contraint de rechercher des financements à l’étranger.
2 642 milliards de francs CFA transférés par la diaspora
Le Premier ministre a par ailleurs évoqué les transferts d’argent effectués par les Sénégalais vivant à l’étranger. Ceux-ci auraient atteint 2 642 milliards de francs CFA en 2025.
Cependant, Ahmadou Al Aminou Lo a relevé que 80 % de cette somme aurait été consacrée aux dépenses courantes, limitant ainsi sa contribution au financement de l’investissement et à l’accumulation d’épargne.
Pour le chef du gouvernement, le Sénégal doit donc renforcer sa capacité à créer de la richesse et à constituer une épargne nationale suffisante avant de pouvoir compter davantage sur le financement endogène.
« Le financement endogène, il faut y aller avec réalisme. Nous y arriverons lorsque nous aurons accumulé beaucoup de richesses pour épargner », a-t-il soutenu.
Le recours aux partenaires étrangers assumé
Ahmadou Al Aminou Lo a également écarté toute possibilité pour le Sénégal de fonctionner en autarcie.
« L’autarcie, c’est impossible. Nous avons besoin des partenaires étrangers », a-t-il affirmé, appelant toutefois à revoir le cadre macroéconomique afin de rendre le pays plus attractif pour les investisseurs et les partenaires financiers.
Le Premier ministre a également défendu le rôle du Fonds monétaire international (FMI), estimant qu’une partie de l’opinion sénégalaise avait une perception erronée de l’institution.
« Le FMI, c’est pour nous », a-t-il déclaré.
Une dette devenue particulièrement coûteuse
Le chef du gouvernement a par ailleurs alerté sur le coût du financement du Sénégal sur les marchés.
Selon lui, la valeur des obligations sénégalaises aurait fortement diminué sur le marché financier, tandis que le coût d’un emprunt à deux ans atteindrait des niveaux particulièrement élevés sur le marché secondaire.
« Il y a des chiffres dont je n’ose pas parler. Aujourd’hui, pour nous endetter pour une durée de deux ans, le marché secondaire nous coûte 60 % de taux d’intérêt », a-t-il déclaré.
Ahmadou Al Aminou Lo a estimé que cette situation reflétait la perte de confiance des marchés envers la signature financière du Sénégal.
Les agences de notation dégradent la note du Sénégal
Cette situation intervient alors que l’agence Standard & Poor’s a récemment abaissé la note de crédit du Sénégal à CC pour les devises étrangères et CCC pour la monnaie locale, invoquant notamment le processus de restructuration de la dette.
Cette dégradation est intervenue après l’accord conclu entre le gouvernement sénégalais et le FMI ouvrant la voie à un programme économique et financier de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 240 milliards de francs CFA.
De son côté, l’agence Moody’s a également abaissé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, avec une perspective négative.
Face à cette situation, le gouvernement entend désormais restaurer les équilibres macroéconomiques, améliorer la confiance des partenaires financiers et engager le pays sur une trajectoire de redressement durable des finances publiques.



























