Alors que la décision du juge d’instruction est attendue dans les prochains jours, l’affaire Farba Ngom connaît un tournant significatif. La Commission nationale des droits de l’homme du Sénégal (CNDH) a officiellement saisi, le 2 septembre, le président du Collège des juges d’instruction pour solliciter la libération provisoire de l’ancien député-maire des Agnam, pour raisons médicales.
Selon le quotidien Libération, qui a révélé l’information, cette requête est signée par la présidente de la CNDH, la professeure de droit Amsatou Sow Sidibé. Elle fait suite à une enquête indépendante conduite par l’institution sur l’état de santé de Farba Ngom, figure politique de premier plan et ex-proche du président Macky Sall.
Un état de santé jugé incompatible avec la détention
Le courrier de la CNDH s’appuie sur les conclusions d’une expertise médicale judiciaire, déjà versée au dossier, qui avait conclu à une incompatibilité entre l’état de santé de M. Ngom et sa détention. Une contre-expertise indépendante serait venue confirmer ce diagnostic, renforçant ainsi les arguments en faveur d’une mise en liberté provisoire.
Farba Ngom, cadre influent de l’ancienne majorité présidentielle et responsable de l’Alliance pour la République (APR), est incarcéré dans le cadre d’une enquête judiciaire encore en cours. Les motifs précis de son inculpation n’ont pas été rendus publics par les autorités judiciaires, mais son dossier est suivi de près, tant en raison de sa stature politique que des implications possibles pour d’autres responsables de l’ancien régime.
Un geste symbolique ou un précédent juridique ?
La démarche de la CNDH, rarement aussi directe dans un dossier individuel, soulève plusieurs questions. Elle pourrait être interprétée comme un geste humanitaire, mais aussi comme un signal envoyé au pouvoir judiciaire sur la nécessité de concilier justice et respect des droits fondamentaux, en particulier dans les cas de vulnérabilité médicale.
Reste à savoir comment le Collège des juges d’instruction recevra cette demande. Une décision est attendue cette semaine, dans un climat où la justice sénégalaise est observée avec attention, notamment sur sa capacité à mener les procédures post-alternance dans le respect des principes de l’État de droit.





























