Alors que le Sénégal fait face à l’une des plus graves crises budgétaires de son histoire récente, les autorités sénégalaises et le Fonds monétaire international (FMI) s’engagent à reconstruire une relation de confiance. C’est ce qu’a affirmé Mme Julie Kozack, directrice des communications du FMI, en soulignant la volonté de coopération entre les deux parties.
« Les autorités sénégalaises et les équipes du FMI sont engagées à résoudre de manière constructive le dossier de la fausse déclaration de dette au Sénégal », a déclaré Mme Kozack, à l’issue d’échanges préliminaires entre Dakar et Washington. Elle a également annoncé l’ouverture prochaine de discussions sur un nouveau programme d’appui économique, dont le lancement est prévu à l’occasion des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, en octobre à Washington.
Ces annonces interviennent dans un contexte particulièrement tendu. En mai dernier, le nouveau gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye a révélé l’existence d’une dette cachée estimée à 7 milliards de dollars sous le régime de l’ancien président Macky Sall. Cette découverte a provoqué la suspension d’un accord de prêt de 1,8 milliard de dollars conclu avec le FMI.
L’impact sur les marchés a cependant été immédiat et paradoxalement positif : les obligations sénégalaises libellées en dollars et arrivant à échéance en 2033 ont bondi, enregistrant l’une des meilleures performances parmi les titres de la dette souveraine des pays émergents. Une réaction interprétée comme un signe de confiance des investisseurs dans la volonté du nouveau gouvernement de faire preuve de transparence et de responsabilité.
Dans une interview accordée à France 24 le 26 septembre, le président Faye a indiqué que la situation était « encore plus grave que ce que nous avions soupçonné », évoquant une dette proche de 119 % du PIB et un déficit public estimé à 13 %. Il a rappelé avoir alerté dès 2018 le FMI sur les dérapages budgétaires du régime précédent.
Le chef de l’État a également précisé que les audits lancés par son administration — confiés à des cabinets internationaux — visent avant tout à restaurer la crédibilité des dirigeants vis-à-vis de leur peuple. « Ce n’est pas pour le FMI que nous faisons cet audit, mais pour la crédibilité des dirigeants que nous sommes et pour celle du Sénégal sur la scène internationale », a-t-il déclaré.
Le FMI a indiqué qu’un communiqué officiel sera publié à l’issue de la réunion de son Conseil d’administration, qui devra statuer sur les suites à donner à la situation sénégalaise.
Alors que le pays tente de redresser ses finances publiques, la reprise du dialogue avec le FMI, bien que fragile, constitue un signal encourageant pour les partenaires techniques et financiers du Sénégal.






























