Post Facebook polémique : Bougar Diouf face à la justice sénégalaise

diatiger
3 Min Read

Placé sous mandat de dépôt, Bougar Diouf, président de l’Union patriotique (UP) et membre de la coalition Diomaye-Président, comparaît ce mercredi devant la justice sénégalaise pour « diffusion de fausses nouvelles ». En cause : une publication Facebook jugée alarmante, dans laquelle il évoquait l’achat présumé d’armes par des rebelles casamançais à l’étranger, appelant le Premier ministre Ousmane Sonko à agir.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, Bougar Diouf a été entendu par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), où il a exprimé sa volonté de retirer le message incriminé. Il a soutenu que son intention n’était ni de nuire à la réputation du gouvernement ni de remettre en cause l’autorité de l’État.

« J’ai juste repris les propos d’un membre du MFDC dans une vidéo publiée sur journaldupays.com, que je dénonce depuis 2012 », a-t-il expliqué aux enquêteurs.

Un post jugé sensible en période de transition

Dans sa publication, Bougar Diouf alertait sur la situation sécuritaire en Casamance et appelait à une réaction du gouvernement, dans un contexte encore marqué par les fragilités politiques post-électorales. Il y exhortait notamment le Premier ministre à empêcher les achats d’armes par des éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui réclame l’indépendance de cette région depuis plusieurs décennies.

Cette sortie a été perçue par les autorités comme susceptible de « semer le trouble » dans l’opinion et de porter atteinte à la stabilité nationale. Le parquet a retenu le chef d’inculpation de diffusion de fausses nouvelles, un délit fréquemment mobilisé dans des affaires impliquant des propos tenus sur les réseaux sociaux.

Une défense axée sur le devoir d’alerte

Devant les enquêteurs, Bougar Diouf a insisté sur le fait que sa démarche était avant tout « citoyenne » et destinée à « attirer l’attention des autorités sur une situation préoccupante », se revendiquant défenseur des institutions et membre du patronat sénégalais.

« Mon objectif n’était pas de nuire, mais de contribuer à la sécurité nationale », a-t-il affirmé.

Il a également précisé que ses interventions ne visaient aucune personne en particulier, et encore moins le Premier ministre.

Un procès scruté dans un climat tendu

Ce procès intervient dans un contexte de débat national autour de la liberté d’expression et de l’usage des réseaux sociaux dans l’espace public sénégalais. Plusieurs voix, au sein de la société civile et de l’opposition, ont déjà exprimé leur inquiétude face à ce qu’elles considèrent comme une judiciarisation croissante de la parole politique et citoyenne.

Le jugement attendu ce mercredi devrait donner le ton quant à l’équilibre que les autorités entendent maintenir entre sécurité nationale et libertés publiques dans le Sénégal post-élection.

Share This Article
Leave a Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *