Le Comité d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la sélection et l’utilisation des médicaments essentiels a approuvé l’ajout de nouveaux traitements à ses listes modèles, à l’issue de l’examen de 59 demandes, dont 31 propositions portant sur de nouveaux médicaments ou classes pharmacologiques.
Vingt médicaments ont été ajoutés à la Liste modèle des médicaments essentiels pour adultes et quinze à celle destinée aux enfants. Les indications de sept médicaments déjà présents sur ces listes ont également été élargies. Désormais, ces listes comprennent 523 médicaments pour les adultes et 374 pour les enfants, considérés comme prioritaires pour répondre aux principaux besoins de santé publique.
La Dre Yukiko Nakatani, sous-directrice générale de l’OMS chargée des systèmes de santé, de l’accès et des données, a salué une avancée significative. Selon elle, ces nouvelles éditions marquent une étape importante vers l’élargissement de l’accès à des médicaments cliniquement efficaces, au potentiel élevé pour la santé publique mondiale.
Parmi les domaines prioritaires figurent le traitement du cancer, une pathologie responsable de près de 10 millions de décès chaque année, soit un tiers des décès prématurés liés aux maladies non transmissibles. Depuis une décennie, les médicaments anticancéreux font l’objet d’une attention particulière dans les mises à jour de la Liste des médicaments essentiels.
Cette année, sept demandes concernant 25 traitements anticancéreux ont été analysées. Le Comité recommande notamment l’élargissement de l’accès aux inhibiteurs de point de contrôle PD-1/PD-L1, une immunothérapie qui permet au système immunitaire d’identifier et d’attaquer les cellules cancéreuses. Le pembrolizumab a ainsi été ajouté comme traitement de première intention pour plusieurs cancers métastatiques : du col de l’utérus, colorectal et du poumon non à petites cellules. Deux alternatives, l’atézolizumab et le cemiplimab, ont également été retenues pour le cancer du poumon.
En parallèle, l’OMS attire l’attention sur le poids croissant du diabète et de l’obésité. En 2022, plus de 800 millions de personnes étaient atteintes de diabète, dont la moitié ne recevaient aucun traitement. Plus d’un milliard de personnes sont en situation d’obésité, un chiffre en hausse rapide, notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ces deux maladies chroniques sont des facteurs majeurs de complications graves, telles que les maladies cardiovasculaires et l’insuffisance rénale.
Face à ce constat, les experts ont recommandé l’ajout de plusieurs médicaments de la classe des analogues du GLP-1 (glucagon-like peptide-1), démontrés efficaces dans la gestion du diabète de type 2, en particulier chez les patients souffrant aussi de maladies cardiovasculaires ou rénales. Le sémaglutide, le dulaglutide, le liraglutide et le tirzépatide ont été intégrés à la liste en tant qu’options thérapeutiques validées.
Ces traitements sont désormais reconnus comme hypoglycémiants de référence pour les patients adultes atteints de diabète de type 2, porteurs d’une maladie cardiovasculaire ou rénale et présentant un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30 kg/m2. L’OMS estime que cette orientation claire permettra aux États de mieux cibler les populations bénéficiaires.
Créées en 1977, les Listes modèles de l’OMS visaient initialement à améliorer l’accès aux médicaments dans les pays en développement. Elles sont aujourd’hui adoptées dans plus de 150 pays et constituent un outil central pour la planification de l’approvisionnement, les politiques d’assurance maladie et les décisions de remboursement. Ces listes continuent de servir de référence pour promouvoir un accès équitable aux traitements jugés indispensables dans tous les systèmes de santé.






























