UCAD : retour progressif des étudiants sous forte présence sécuritaire

Lesenegalaislibre
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XALIMANEWS: Fermé à la suite des violents affrontements du 9 février entre forces de l’ordre et étudiants opposés à la réforme du système d’attribution des bourses, le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a partiellement rouvert ses portes jeudi. Une reprise progressive, mais sous haute surveillance, dans un contexte marqué par une vive émotion après la mort d’Abdoulaye Ba, 21 ans, étudiant en deuxième année de médecine.

Aux alentours de 10h30, les premiers pensionnaires ont commencé à regagner la cité universitaire. Valises à la main, sacs au dos ou trolleys roulant sur le bitume, ils franchissent la porte principale sous l’œil attentif des agents de sécurité. Si, par moments, le campus retrouve son animation habituelle — discussions animées, retrouvailles entre camarades, allées et venues vers les pavillons — la tension reste perceptible.

Un dispositif sécuritaire renforcé est déployé au portail. L’accès est strictement contrôlé : la présentation de la carte d’étudiant est exigée pour entrer dans l’enceinte du campus social. Toute personne étrangère à l’établissement est refoulée. Une mesure qui contraste avec le communiqué du directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), annonçant pourtant l’autorisation d’accès sur présentation d’une carte nationale d’identité.

Cette divergence dans l’application des consignes suscite incompréhensions et frustrations chez certains étudiants, qui dénoncent un climat de méfiance persistant. « On reprend les cours et la vie au campus, mais rien n’est vraiment réglé », confie un étudiant croisé à l’entrée, évoquant une colère toujours vive autour de la réforme des bourses et des conditions de vie universitaires.

La fermeture du campus faisait suite à des heurts d’une rare intensité, sur fond de contestation estudiantine. La mort d’Abdoulaye Ba a profondément marqué la communauté universitaire et ravivé le débat sur la gestion des manifestations estudiantines et la sécurité dans les espaces académiques.

Si les autorités universitaires semblent vouloir tourner la page en relançant progressivement les activités sociales, la situation demeure fragile. Beaucoup d’étudiants attendent des clarifications sur les circonstances du drame, ainsi que des réponses concrètes sur la réforme contestée.

La reprise partielle du campus social apparaît ainsi comme un retour prudent à la normale, dans une université encore traversée par le deuil, la colère et les interrogations

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