XALIMANEWS: Une affaire d’une rare gravité bouleverse le village de Thiaye, dans le département de Tivaouane. Deux hommes, M. Mbengue et P. Ciss, sont poursuivis pour viol, complicité de viol et charlatanisme, dans un dossier mêlant violences sexuelles, emprise psychologique et pratiques mystiques.
Les faits remontent à septembre 2022. Selon l’enquête, M. Mbengue aurait, sur les recommandations de son marabout, mis en place un système sordide visant à “faire fortune” à travers des rituels occultes. Il aurait ainsi contraint sa propre épouse à entretenir des rapports sexuels avec deux jeunes hommes de la localité, M. Sow et I. Niang, sous la menace d’un couteau, dans la chambre conjugale et en pleine nuit. Le mari aurait ensuite récupéré le sperme dans le cadre de pratiques mystiques.
L’affaire prend une tournure encore plus grave lorsqu’un certain P. Ciss entre en scène. Selon les éléments du dossier, ce dernier se serait présenté au domicile du couple, prétendant vouloir garder le secret sur ces pratiques, avant d’exiger à son tour d’entretenir des rapports avec la victime, sous la menace de révéler les faits. Pour préserver le silence, M. Mbengue aurait à nouveau contraint sa femme.
En décembre 2022, la victime, M. Niang, dépose plainte auprès de la Section de recherches de Thiès pour viol collectif contre son mari, ainsi que contre les mis en cause. Entendue, elle affirme avoir subi ces actes sous la contrainte et la menace.
Interpellés, M. Sow et I. Niang ont reconnu les faits, avant d’être considérés comme des victimes et libérés. En revanche, M. Mbengue et P. Ciss ont été placés sous mandat de dépôt, poursuivis notamment pour viol, complicité de viol et charlatanisme.
À l’audience devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès, la plaignante a réitéré ses accusations. Le mari, M. Mbengue, a fermement nié, affirmant : « C’est inadmissible. Je n’ai rien fait de ce qu’on me reproche. » De son côté, P. Ciss reconnaît s’être rendu sur les lieux mais nie toute relation sexuelle, expliquant être venu “donner des conseils”.
À la barre, les témoignages de M. Sow et I. Niang ont été déterminants. Ils ont tous deux confirmé avoir été contraints, sous la menace, à avoir des rapports sexuels avec la victime.
Dans ses réquisitions, le procureur de la République a estimé les faits suffisamment établis, malgré l’absence de preuves médicales, et a requis 15 ans de réclusion criminelle contre M. Mbengue. Pour P. Ciss, 7 ans de prison ont été requis.
La défense, elle, plaide l’acquittement, mettant en avant l’absence de preuves matérielles, notamment l’absence de certificat médical ou de prélèvements biologiques. Les avocats estiment que le dossier reste fragile et ne permet pas d’établir avec certitude la culpabilité des accusés.
Le verdict de cette affaire très sensible est attendu le 5 mai 2026.






























